L'Afrique en quête d'une industrialisation accélérée : le cas de la fabrication
L’industrialisation reste un enjeu crucial pour le développement de l’Afrique, mais les progrès sont inégaux. Selon les dernières données de la Banque africaine de développement (BAD), la valeur ajoutée des biens manufacturés sur le continent a augmenté de 24 % entre 2020 et 2025, passant de 285 milliards à 351 milliards de dollars. Pourtant, cette performance reste modeste face aux standards mondiaux.
Un leadership industriel en mutation
Le Maroc a récemment dépassé l’Afrique du Sud pour devenir la première économie industrielle du continent, selon l’Indice d’industrialisation de l’Afrique 2025. Avec un score de 0,8415 en 2024, le Maroc devance désormais l’Afrique du Sud (0,8396), grâce à des politiques industrielles efficaces et une diversification des exportations. Cette ascension s’inscrit dans un contexte où l’Afrique du Nord et l’Afrique australe dominent le paysage industriel continental.
Les pays d’Afrique du Nord, à l’exception de la Libye et de la Mauritanie, figurent parmi les mieux classés. En Afrique australe, Maurice, l’Eswatini et le Namibia suivent de près l’Afrique du Sud. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Ghana se distinguent, tandis qu’au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, l’Est africain montre des signes de dynamisme industriel. En Afrique centrale, le Gabon et la République démocratique du Congo mènent le classement.
Les défis persistants de l’industrie africaine
Malgré ces avancées, l’Afrique ne représente que 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés et seulement 2 % de la production mondiale. Le secteur industriel contribue à hauteur de 10,8 % au PIB continental, bien en dessous de la moyenne mondiale de 16,5 %. Ces chiffres soulignent les défis structurels auxquels le continent fait face : infrastructures insuffisantes, accès limité aux financements et aux technologies, marchés fragmentés et pénuries de compétences.
Au Kenya, par exemple, le secteur manufacturier a vu sa contribution au PIB chuter de 15 % dans les années 90 à seulement 7,2 % aujourd’hui. Des multinationales comme GSK, Bayer et Mondelez ont réduit leurs opérations locales pour importer depuis d’autres pays. Jaswinder Bedi, directeur général de Bedi Investments, souligne que le coût élevé de l’électricité (entre 0,18 et 0,23 dollar par kWh) reste un frein majeur à la compétitivité industrielle du pays, malgré des améliorations en matière de fiabilité.
Vers une industrialisation durable
Pour accélérer sa transformation industrielle, l’Afrique doit surmonter ces obstacles structurels. Les succès du Maroc et d’autres pays leaders montrent qu’une politique industrielle volontariste, couplée à des investissements ciblés et à une amélioration de l’environnement des affaires, peut porter ses fruits. L’enjeu est désormais de généraliser ces bonnes pratiques à l’ensemble du continent pour créer des emplois durables et intégrer pleinement les économies africaines dans les chaînes de valeur mondiales.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business