La santé numérique en Afrique de l'Est : un potentiel inégalement exploité
L’Afrique de l’Est, locomotive des startups africaines en 2025, a levé 865 millions de dollars entre janvier et août, dépassant l’Afrique australe. Pourtant, seulement 150 millions ont été investis dans la santé numérique (healthtech), loin derrière les 1 milliard de dollars pour la fintech et les près de 950 millions pour les énergies propres. Ce décalage révèle un secteur aux impacts concrets mais encore en quête de capitaux.**
Le Kenya, leader malgré des défis structurels
Avec le plus grand nombre de startups et une adoption massive de la santé mobile, notamment dans les soins maternels et le traitement du VIH, le Kenya domine le paysage healthtech régional. Des acteurs clés comme Ilara Health, MYDAWA et Jacaranda Health y ont établi leur siège. Cependant, le projet phare de réforme digitale, l’Autorité de Santé Sociale (SHA), illustre les difficultés persistantes. Lancé en octobre 2024 pour remplacer le Fonds national d’assurance hospitalière, son système de réclamations digitales a connu un échec retentissant en mars 2026, paralysant les autorisations préalables des hôpitaux. Un audit a révélé une utilisation opaque de 104,8 milliards de shillings kényans sans contrôle adéquat. À mi-2025, seulement 4 millions des 18 millions d’adhérents enregistrés payaient effectivement leurs cotisations, et plus de la moitié des centres de soins primaires n’avaient pas été payés depuis des mois.
Le Rwanda, modèle d’intégration verticale
Contrairement au Kenya, le Rwanda mise sur une digitalisation étatique centralisée. Son cinquième Plan stratégique du secteur de la santé (2025-2029) vise une couverture universelle d’ici 2030, soutenue par l’assurance communautaire Mutuelle de Santé et un nouveau Centre d’Intelligence Sanitaire lancé en avril 2025. Le pays héberge également HealthTech Hub Africa, un accélérateur panafricain basé à Kigali. En 2025, il a signé un accord de trois ans avec Anthropic pour intégrer l’IA dans ses systèmes de santé, d’éducation et de services publics, faisant du Rwanda un laboratoire d’innovation politique.
L’Ouganda et les marchés émergents
L’Ouganda, moins financé que le Kenya mais plus mature que ses voisins, abrite Rocket Health, l’opérateur de télémedecine le plus établi de la région. Grâce à un tour de table de 5 millions de dollars en série A en 2022, Rocket Health a étendu ses services de Kampala au Kenya. La Tanzanie et l’Éthiopie restent en phase de développement précoce. En Tanzanie, des acteurs comme AAIC (spécialisé dans les soins de dialyse) et Roverlabs (prothèses imprimées en 3D) émergent. L’Éthiopie, malgré sa population importante, a un écosystème startup naissant : mPharma y est présent depuis 2022 via une pharmacie à Addis-Abeba, et HuluCares, une insurtech, était encore en phase d’accélération début 2025.
Les segments porteurs : pharmacie et IA maternelle
La distribution de médicaments et produits de santé concentre l’essentiel des investissements. MYDAWA, qui a levé 48 millions de dollars, a acquis Guardian Health en Ouganda pour passer du e-commerce à la vente physique. Kasha, spécialisé dans les produits de santé féminine, est devenu un distributeur digital majeur dans cinq pays. En 2025-2026, il a commencé à livrer des produits pour le fournisseur national rwandais et à faciliter les achats en ligne pour les assurés.
L’IA appliquée à la santé maternelle montre des résultats tangibles. La plateforme PROMPTS de Jacaranda Health, un service SMS bilingue, a atteint 3,8 millions de femmes au Kenya en 2025. Avec un coût inférieur à 1 dollar par mère, elle a permis de diriger 90 % des cas à risque vers des soins hospitaliers à temps, réduisant un facteur clé de mortalité maternelle.
Conclusion : vers une maturation du secteur
Si l’Afrique de l’Est confirme son leadership dans les startups africaines, la healthtech doit encore convaincre les investisseurs. Les modèles rwandais et kényan offrent des leçons contrastées : l’un privilégie la planification étatique, l’autre mise sur l’innovation privée. Les segments comme la distribution de médicaments et les solutions IA pour la santé maternelle prouvent que le potentiel existe. Reste à combler l’écart de financement et à résoudre les défis opérationnels pour transformer ces succès locaux en impact continental.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techbuild.africa