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L'Afrique a façonné Uber, mais le modèle ne tient plus

Uber quitte l’Afrique après une décennie de leçons difficiles

En septembre 2016, Uber lançait une expérience audacieuse à Lagos : permettre aux passagers de payer en espèces. Une innovation qui, partie d’Afrique, s’est ensuite étendue à l’ensemble du globe. Pourtant, dix ans plus tard, le géant du covoiturage tire sa révérence au Nigeria et en Ouganda, réduisant ses opérations africaines à seulement quatre marchés : Égypte, Ghana, Kenya et Afrique du Sud.

Une promesse non tenue

À son arrivée au Nigeria, Uber promettait de révolutionner les transports urbains. Pourtant, aujourd’hui, le service reste un luxe accessible à une minorité aisée. Les transports informels - bus, minibus et tricycles - continuent de dominer le paysage. Le modèle économique d’Uber, basé sur une commission de 25% prélevée sur chaque course, s’est révélé fragile face à l’inflation galopante, la suppression des subventions sur les carburants et la dévaluation de la naira.

‘Les économies unitaires du covoiturage ne correspondent pas aux réalités locales’ explique Ayodeji Audu, analyste en mobilité chez Future Africa. Les conducteurs indépendants, pilier du modèle Uber, peinent à couvrir leurs coûts croissants : carburant, entretien, financement.

La montée en puissance des alternatives

Face à ces défis, des acteurs comme inDrive ont su s’adapter. Lancé en 2019 à Lagos, ce service permet aux conducteurs et passagers de négocier les tarifs, avec une commission à un chiffre. Cette flexibilité a permis au service de prospérer alors qu’Uber peinait, avec des tarifs 30% à 60% moins chers selon les comparaisons de 2026. Bolt, avec son modèle similaire et une commission de 20%, domine désormais le marché nigérian avec 66% de parts selon Queva Advisory.

Uber a tenté de contrer cette tendance en misant sur la qualité, avec des outils de sécurité reconnus comme les meilleurs du marché. Pourtant, cette approche n’a pas suffi à compenser son désavantage tarifaire.

Le pari Moove qui n’a pas payé

Pour rendre son service plus accessible, Uber avait lancé un programme de financement automobile avec Moove. Ce partenariat permettait aux conducteurs d’acquérir des véhicules Suzuki à rembourser sur 4 ans, avec l’obligation de travailler exclusivement sur Uber Go. Pourtant, ce modèle s’est révélé contre-productif : les conducteurs étaient limités à certaines zones de Lagos alors que la demande pour Uber Go diminuait face à la concurrence.

‘Les plateformes qui réussiront doivent maîtriser leur offre’ souligne Audu. La dépendance aux conducteurs indépendants, sans contrôle opérationnel réel, s’est avérée un handicap majeur.

Leçons pour l’avenir

Le retrait d’Uber du Nigeria pose une question cruciale : comment adapter les modèles de mobilité aux réalités économiques africaines ? Les acteurs locaux comme inDrive et Bolt ont démontré qu’une approche flexible, centrée sur le prix, pouvait mieux répondre aux besoins des populations. L’avenir du covoiturage en Afrique pourrait bien passer par des solutions hybrides, combinant qualité de service et tarifs accessibles.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: techcabal.com

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