Partage d'infrastructures : la clé pour accélérer l'inclusion numérique en Afrique
Le PDG d’Airtel Africa plaide pour une collaboration sectorielle afin de réduire les coûts et élargir la couverture réseau.
Dans un entretien accordé à Arise News vendredi dernier, Sunil Taldar, CEO d’Airtel Africa, a lancé un appel vibrant à l’industrie des télécommunications africaines. Sa proposition ? Un partage coordonné des infrastructures et du spectre, une mesure qu’il estime à la fois économique et stratégique pour combler les lacunes de couverture existantes.
Un gaspillage de ressources évitable
Chaque année, les opérateurs africains investissent des millions de dollars dans le déploiement d’infrastructures télécoms, souvent en parallèle. Un constat que Sunil Taldar illustre par un exemple frappant : « Si le besoin est de déployer 1 000 kilomètres de fibre, pourquoi Airtel et un concurrent en feraient-ils chacun autant dans la même zone ? Nous dupliquons inutilement les infrastructures. »
Le partage des infrastructures permettrait non seulement de réduire ces coûts, mais aussi d’étendre la couverture à des zones actuellement négligées. « Les 1 000 kilomètres de fibre économisés pourraient être utilisés pour connecter une autre région, résolvant ainsi des problèmes concrets et incluant davantage de communautés dans le monde numérique », explique-t-il.
Des partenariats concrets pour des résultats tangibles
Cette vision n’est pas restée théorique. En mars 2025, Airtel et MTN ont annoncé un partenariat historique pour partager des infrastructures lourdes – tours, stations de base, réseaux fibre et RAN – au Nigeria et en Ouganda. L’objectif ? Réduire les dépenses opérationnelles tout en évitant la duplication coûteuse.
Starlink : l’allié inattendu pour les zones reculées
Le CEO a également souligné l’importance des partenariats innovants, citant l’accord avec Starlink. « L’Afrique n’est pas entièrement couverte, et dans certaines zones à faible densité de population, déployer des tours ou de la fibre n’est pas économiquement viable », observe-t-il.
Trois options se présentaient aux opérateurs : abandonner ces zones, investir dans des infrastructures non rentables, ou trouver une solution alternative. C’est cette dernière voie qu’Airtel a choisie en s’associant à Starlink. « La technologie satellite permet de fournir une connectivité là où les réseaux terrestres sont absents », précise Sunil Taldar.
Un modèle reproductible à l’échelle continentale
Début août, Airtel a lancé le premier service commercial satellite-à-mobile en Afrique, en République démocratique du Congo. Ce projet devrait bientôt s’étendre au Kenya et à d’autres marchés africains.
« Cette initiative offre une connectivité entreprise même dans les zones rurales, garantissant que toutes les entreprises, qu’elles soient urbaines ou rurales, aient les mêmes opportunités », conclut le CEO.
Compétition et collaboration : un équilibre délicat
Malgré ce partage d’infrastructures, Sunil Taldar insiste sur le fait qu’Airtel et ses partenaires restent des concurrents indépendants sur le marché de la consommation. « Nous collaborons sur les actifs physiques, mais nous rivalisons toujours pour attirer les clients », précise-t-il.
Conclusion : vers une Afrique plus connectée
Le plaidoyer de Sunil Taldar va bien au-delà d’une simple stratégie commerciale. Il s’agit d’un appel à repenser la manière dont l’Afrique aborde le déploiement des infrastructures télécoms. En partageant les ressources et en adoptant des technologies innovantes comme le satellite, les opérateurs peuvent non seulement réduire leurs coûts, mais aussi accélérer l’inclusion numérique à travers le continent.
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Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: technext24.com