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Nigeria embrasse les cryptomonnaies : un tournant réglementaire historique

Le président Bola Tinubu signe une ordonnance exécutive ouvrant la voie à l’intégration des actifs virtuels dans le système financier nigérian.

Après des années de méfiance, le Nigeria opère un virage stratégique en matière de cryptomonnaies. L’ordonnance exécutive signée par le président Bola Tinubu marque l’aboutissement d’un processus de réflexion engagé depuis 2021. Cette décision intervient dans un contexte où les actifs virtuels, notamment les stablecoins, occupent une place croissante dans l’économie informelle du pays.

Un cadre réglementaire harmonisé pour sécuriser le marché

L’ordonnance prévoit la création d’un Conseil des Actifs Virtuels, placé sous l’égide de la Banque Centrale du Nigeria (CBN). Ce comité interinstitutionnel, réunissant les régulateurs clés comme la Commission des Marchés Financiers (SEC) et le Service des Revenus Nigérians (NRS), aura pour mission de développer un cadre juridique cohérent. L’objectif affiché est triple : protéger les investisseurs, lutter contre la fraude et préserver la stabilité du système financier.

Parmi les innovations majeures, on note l’instauration d’un « sandbox » réglementaire. Cette zone d’expérimentation permettra aux acteurs du secteur de tester leurs produits sous supervision étroite. Une mesure saluée par les professionnels, qui y voient un moyen d’accélérer l’innovation tout en minimisant les risques.

Stablecoins : un test grandeur nature pour le nouveau cadre

Rotimi Ogunyemi, avocat spécialisé en technologies financières à Lagos, souligne l’importance de cette régulation pour les stablecoins. Ces cryptomonnaies indexées sur des devises stables comme le dollar ont connu un essor fulgurant au Nigeria, malgré quelques déboires retentissants. « Cette ordonnance pourrait canaliser une partie des transactions vers des circuits régulés, offrant ainsi une meilleure protection aux utilisateurs », explique-t-il.

Du rejet à l’adoption : l’évolution de la position nigériane

En 2021, la CBN avait interdit aux institutions financières de traiter les transactions cryptographiques. Cette position s’expliquait par des craintes liées à la stabilité monétaire et aux risques de blanchiment. Pourtant, malgré cette interdiction, l’adoption des cryptomonnaies a continué de progresser. Selon Thunes, 40% des Nigérians utilisent désormais ces actifs pour les transferts internationaux, un taux bien supérieur à la moyenne mondiale (11%).

Cette popularité s’explique par le contexte économique local. Face à la dévaluation du naira et aux restrictions sur les changes, les cryptomonnaies sont devenues un outil de préservation de valeur et d’accès aux devises étrangères.

Quelles perspectives pour l’écosystème crypto nigérian ?

L’ordonnance exécutive représente un changement de paradigme. Le gouvernement reconnaît désormais l’importance stratégique des actifs virtuels et cherche à les intégrer dans le système financier formel. Reste à savoir si ce cadre réglementaire saura concilier innovation et protection des investisseurs.

Comme le souligne Rotimi Ogunyemi, « l’efficacité de cette mesure se mesurera à sa capacité à offrir un environnement clair aux entreprises responsables ». Un défi de taille pour les autorités nigérianes, qui devront maintenant traduire cette vision en mesures concrètes.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: african.business

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