← Retour aux articles

Mozambique trace sa voie dans la souveraineté du calcul AI : une interview exclusive avec le Prof. Lourino Chemane

Mozambique défie l’ordre établi en matière d’infrastructure de calcul AI, transformant ses atouts naturels en leviers stratégiques.

Alors que l’Afrique accélère son adoption de l’intelligence artificielle, une bataille géopolitique discrète se joue autour de la localisation des infrastructures de calcul. Faut-il construire des capacités souveraines ou s’en remettre à des acteurs étrangers ? Mozambique a fait son choix : devenir un hub régional complémentaire plutôt qu’un simple consommateur de technologies étrangères.

Une vision pragmatique pour l’Afrique australe

Professeur Lourino Chemane, président du Conseil d’administration de l’Institut national des technologies de l’information et de la communication (INTIC), a partagé lors du GITEX Nigeria 2026 une vision audacieuse pour Mozambique. Contrairement à la tendance actuelle qui concentre les centres de données en Afrique du Sud, Chemane propose une approche distributive : « Nous ne voyons pas cela comme une compétition avec l’Afrique du Sud. Il faut répartir la puissance de calcul dans la région, et Mozambique peut compléter ce qui existe déjà à Cape Town. »

Le pays mise sur ses atouts naturels : énergie hydroélectrique, solaire et gazière abondante, ressources en eau pour le refroidissement, et une côte idéale pour les câbles sous-marins. Ces avantages pourraient attirer des hyperscalers hors des grands centres urbains, faisant de Mozambique un pilier du numérique en Afrique australe.

Souveraineté des données : le défi réglementaire

La question de la souveraineté des données est cruciale. Si les États voisins adoptent des lois strictes de localisation des données, les hubs régionaux deviennent juridiquement impossibles. Chemane souligne l’importance de la stratégie de gouvernance des données de l’Union africaine comme cadre pour l’interopérabilité régionale. « Les données sont l’or du 21e siècle, et l’Afrique doit en tenir compte dans ses infrastructures AI », affirme-t-il.

INTIC développe un cadre permettant les échanges transfrontaliers de données sans compromettre la sécurité nationale, en s’appuyant sur le consentement des citoyens. Le gouvernement collabore également avec des opérateurs comme Vodacom pour aligner politique publique et réalité économique, en mettant l’accent sur l’entrepreneuriat numérique plutôt que sur les monopoles infrastructurels.

Des sandboxes pour l’innovation locale

Au-delà des politiques, Mozambique agit pour fournir du calcul aux startups locales. Avec le soutien de l’ITU, INTIC établit un bac à sable réglementaire pour l’AI. Chemane insiste sur l’importance de ces espaces : « Le gouvernement mobilisera des ressources pour du calcul accessible aux entrepreneurs numériques. »

L’objectif est clair : développer des modèles AI locaux adaptés aux langues et cultures mozambicaines, tout en testant les modèles internationaux dans des secteurs sensibles comme la santé et l’éducation. Cela permet de minimiser les risques pour les citoyens.

Mozambique montre ainsi qu’il est possible de concilier souveraineté numérique, coopération régionale et innovation locale dans un paysage géopolitique complexe.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: technext24.com

Besoin de conseil en IA, fintech ou transformation digitale ? Contactez SoatDev →