Les transferts de fonds en Afrique : une révolution silencieuse
Le visage des transferts d’argent vers l’Afrique change radicalement
Pendant des décennies, l’image du travailleur migrant envoyant péniblement de l’argent à sa famille une fois par mois a dominé le paysage des transferts de fonds. Cette vision est désormais dépassée, comme en témoigne un rapport récent de Zepz, maison mère de WorldRemit et Sendwave. Les données révèlent une transformation profonde : 70 % des expéditeurs soutiennent désormais plusieurs bénéficiaires, et plus d’un sur huit envoient de l’argent dans plusieurs pays. Ces chiffres, basés sur cinq années d’activité et 5,5 millions d’utilisateurs uniques, remettent en question la perception traditionnelle des transferts comme simple aide d’urgence.
Des transferts réguliers, pas des exceptions
La majorité des transactions (près de la moitié) sont inférieures à 50 dollars, et trois quarts restent en dessous de 100 dollars. Ces montants modestes mais réguliers sont devenus aussi routiniers que le paiement d’une facture. Le profil des expéditeurs évolue également : les 25-34 ans représentent désormais le groupe le plus important (30 % des utilisateurs actifs), une génération habituée aux services bancaires mobiles et exigeant la même rapidité pour les transferts internationaux.
L’autre révélation concerne l’égalité des genres. Les femmes représentent 45,9 % des transactions et 49,9 % des expéditeurs âgés de 35 à 44 ans. En cinq ans, l’écart entre les montants envoyés par les hommes et les femmes a été divisé par plus de deux.
Un pilier économique qui se digitalise
En 2023, l’Afrique subsaharienne a reçu 54 milliards de dollars en transferts officiels (World Bank), dépassant souvent les investissements directs étrangers et l’aide au développement. Le Nigeria en reçoit 19 à 20 milliards annuellement, tandis que le Kenya et le Ghana en captent chacun 4 à 5 milliards. Dans des économies plus petites comme la Gambie ou le Lesotho, ces transferts représentent plus de 20 % du PIB.
L’infrastructure qui sous-tend ce flux évolue rapidement. Les frais de transfert, autrefois compris entre 7 % et 12 %, ont été réduits à 1-3 % par des fintechs comme Sendwave, LemFi et Grey. Ces plateformes envoient directement l’argent sur des portefeuilles mobiles, évitant les comptes bancaires traditionnels. LemFi traite désormais plus d’un milliard de dollars par mois.
Vers une infrastructure financière numérique
Zepz, qui a transféré 17 milliards de dollars pour ses clients en 2025, accélère sa transformation digitale. En octobre 2025, elle a lancé le Sendwave Wallet, basé sur la blockchain Solana, permettant d’envoyer des USDC stablecoins dans plus de 100 pays. Cette solution offre une alternative précieuse face à la volatilité des monnaies locales.
La société collabore avec Fireblocks pour le règlement en stablecoins et TRM Labs pour la gestion des risques financiers. En janvier 2026, Zepz a acquis un produit de crédit de Pomelo, élargissant son offre à des services de prêt et cartes.
Les gouvernements s’adaptent
La Banque centrale du Nigeria vise 1 milliard de dollars de transferts mensuels d’ici fin 2026 (contre plus de 600 millions actuellement). Elle a supprimé les obstacles réglementaires pour les opérateurs de transfert et adopté une politique de change ‘libre entrée, libre sortie’. Le Kenya a révisé à la baisse sa prévision de transferts pour 2026 (5,11 milliards), citant les tensions au Moyen-Orient et une nouvelle TVA de 15 % en Arabie Saoudite.
Une révolution générationnelle
Si les expéditeurs de plus de 55 ans effectuent en moyenne 36,8 transferts annuels (plus de trois par mois), c’est la jeune génération qui façonne l’avenir du secteur. Ces nouveaux utilisateurs exigent rapidité, transparence et intégration avec les outils financiers digitaux qu’ils utilisent au quotidien.
Cette transformation structurelle des transferts de fonds en Afrique n’est pas qu’une évolution technologique : c’est un changement sociétal profond qui redéfinit le rôle de la diaspora dans l’économie continentale.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: weetracker.com