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La Côte d'Ivoire accélère sa croissance mais doit relever le défi du capital humain

La Côte d’Ivoire confirme son statut de locomotive économique en Afrique, avec une croissance prévue à 6,4 % en 2026 selon le FMI. Ce dynamisme s’appuie sur des secteurs clés comme les industries extractives, l’agro-industrie et les services. Les récentes découvertes gazières et minières, telles que le champ Calao South d’ENI et l’investissement de 190 millions de dollars dans le projet Doropo Gold, renforcent cette tendance à moyen terme.

Un environnement macroéconomique favorable

Les agences de notation S&P et Moody’s ont salué la stabilité économique du pays, permettant à Abidjan d’emprunter sur les marchés internationaux à des taux attractifs. En février, la Côte d’Ivoire a levé 1,3 milliard de dollars via une obligation à 15 ans avec un rendement de 5,39 %, son coût de financement le plus bas en cinq ans. Ces indicateurs positifs attirent des investisseurs internationaux, allant des partenaires traditionnels comme la France à de nouveaux acteurs tels que la Chine et la Turquie.

Répartition des richesses : le défi majeur

Au-delà de la croissance, le véritable enjeu pour les prochaines années sera d’assurer une répartition équitable des bénéfices économiques. Le président Alassane Ouattara, dont la candidature pour un quatrième mandat en 2025 suscite des critiques, est cependant salué par les milieux économiques pour ses réformes structurelles. Philippe Poinsot, associé principal du Abidjan Consulting Group, souligne que son héritage repose sur la construction d’infrastructures et d’institutions solides.

Investissements sociaux : un impératif

Pour capitaliser sur cette dynamique, des investissements accrus dans les secteurs sociaux comme la santé et l’éducation sont nécessaires. Ces domaines, souvent négligés au profit des infrastructures et de l’énergie, pourraient stimuler une croissance plus inclusive. La Côte d’Ivoire consacre actuellement 3,6 % de son PIB à l’éducation, un pourcentage inférieur à celui de pays comme le Kenya (4 %) ou l’Afrique du Sud (6 %).

Le défi du capital humain

Le conflit civil de 1999 à 2011 a laissé des séquelles, notamment une disruption de l’éducation pour certaines générations. Aujourd’hui, la pénurie de talents qualifiés freine le développement des PME et startups, face à la concurrence des multinationales installées à Abidjan. Bien que ces dernières contribuent à former les travailleurs, l’effort doit être collectif pour combler ce déficit.

Le secteur cacao : un autre défi

Enfin, le secteur du cacao, pilier de l’économie ivoirienne, nécessite une attention particulière. Malgré son importance stratégique, il fait face à des défis structurels qui nécessitent des solutions durables pour garantir sa pérennité.

La Côte d’Ivoire a tous les atouts pour maintenir son élan économique, à condition de prioriser le capital humain et une répartition équitable des richesses.

Source: african.business