Kenya's Electric Mobility Boom Under Threat: Fiscal Policy vs. Green Ambitions
Kenya, pionnier africain de la mobilité électrique, voit son avenir incertain face à un projet de loi fiscale controversé. Alors que le pays attire des centaines de millions de dollars d’investissements, une proposition de taxer les véhicules électriques importés pourrait freiner cette croissance fulgurante.
Une croissance électrique impressionnante
Le secteur kenyan des véhicules électriques (VE) a connu une expansion spectaculaire. En trois ans, le nombre de VE immatriculés est passé de 796 en 2022 à 24 754 fin 2025, soit une augmentation de plus de 3 000 %. Les projections gouvernementales tablent sur 70 000 ventes annuelles d’ici 2030, soutenues par des réseaux de batteries interchangeables et une infrastructure de recharge en pleine expansion. Les deux-roues électriques, appelés boda bodas, dominent le marché avec quelque 24 000 unités en circulation, suivis par des bus et voitures électriques en pleine croissance.
Cette dynamique s’explique par un afflux massif de capitaux. En 15 mois, des institutions financières et fonds climatiques ont investi dans des assembleurs de VE et des startups de mobilité. Zeno, un fabricant de motos électriques basé à Nairobi, a levé 25 millions de dollars en mars pour étendre sa production et son réseau de batteries interchangeables. Spiro, opérateur de vélos électriques présent dans sept marchés africains, a sécurisé 50 millions de dollars de financement dette, après une facilité de 100 millions de dollars, pour mettre un million d’e-bikes sur les routes kényanes.
Un projet de loi fiscal qui fait grincer des dents
Le gouvernement propose d’étendre la TVA standard de 16 % aux VE importés, batteries lithium-ion et vélos électriques, remettant en cause des exonérations fiscales clés pour le secteur. Cette mesure intervient quelques mois après l’adoption d’une politique nationale de mobilité électrique prometteuse, incluant des plaques d’immatriculation vertes et des incitations élargies.
Les craintes sont vives : ce revirement pourrait compromettre la position de leader continental du Kenya, où les entreprises de e-mobilité attirent les plus gros financements en Afrique. Les motos électriques gagnent du terrain grâce à leur rentabilité : jusqu’à 40 % d’économies quotidiennes sur le carburant et l’entretien par rapport aux modèles essence. Les stations de batteries interchangeables, permettant un échange en moins d’une minute, sont devenues la colonne vertébrale de cette transition.
Des défis fiscaux et une concurrence régionale
La proposition de suppression des exonérations TVA semble motivée par des pressions budgétaires plutôt qu’un revirement climatique. La dette publique kényane atteint 67,6 % du PIB, avec des projections à 71,6 % en 2026 et 72,4 % en 2027. Le président William Ruto négocie un nouveau prêt avec le FMI pour combler un déficit budgétaire projeté à 1,14 billion de shillings (8,8 milliards de dollars) pour l’exercice 2026-2027.
Cependant, la suprématie du Kenya n’est pas acquise. L’Éthiopie et le Rwanda ont dépassé le Kenya en adoption de mobilité électrique, grâce à des politiques plus décisives. L’Éthiopie compte désormais plus de 115 000 VE, soit 8 % du parc automobile national, après avoir interdit les importations de véhicules essence et diesel en 2024. Le Rwanda, bien que plus petit, a lancé une stratégie e-mobilité en 2021 et restreint l’immatriculation des motos-taxis essence.
Conclusion : Un carrefour décisif
Le Kenya se trouve à un carrefour. Alors que le secteur des VE connaît une croissance sans précédent, les décisions fiscales récentes pourraient soit consolider sa position de leader africain, soit laisser la place à des concurrents régionaux plus agiles. La balle est dans le camp du gouvernement : maintenir les incitations fiscales pour soutenir cette industrie prometteuse ou céder aux pressions budgétaires immédiates au risque de freiner une transition écologique cruciale.
Source: weetracker.com