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L'essor des géants miniers relance les entreprises africaines

Les valeurs africaines rebondissent, portées par les matières premières et l’or

Après des années de stagnation, la capitalisation boursière des plus grandes entreprises africaines connaît un regain spectaculaire. Cette reprise s’explique notamment par la hausse des cours des matières premières stratégiques, essentielles à la transition énergétique et à l’essor de l’intelligence artificielle. L’or, valeur refuge par excellence, affiche une performance exceptionnelle depuis trois ans. Les secteurs bancaire et de la construction profitent également de cette dynamique, attirant des investisseurs en quête de rendements supérieurs à ceux des marchés occidentaux.

Une reprise historique après la crise du Covid-19

La capitalisation combinée des 250 plus grandes entreprises africaines atteint désormais 795 milliards de dollars, en hausse de 34 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre reste toutefois inférieur au pic historique de 2015 (948 milliards) et à la valeur enregistrée avant la pandémie (598 milliards). Cette résilience s’inscrit dans un contexte de réformes structurelles, d’amélioration des infrastructures financières et d’innovations technologiques dans les places boursières.

L’âge d’or des miniers sud-africains

AngloGold Ashanti, anciennement sixième du classement, s’adjuge désormais la première place avec une capitalisation boursière frôlant les 50 milliards de dollars. Le groupe a vu ses bénéfices bondir à 2,7 milliards de dollars en 2025, grâce à une production accrue (3,1 millions d’onces) et à la hausse des cours de l’or. Ses principales mines, dont Sukari en Égypte et Tarkwa au Ghana, contribuent à cette performance. Gold Fields, autre géant aurifère sud-africain, double presque sa valeur pour atteindre 39,8 milliards de dollars. Le prix de l’or a atteint des sommets inédits (4 400 dollars l’once), stimulant la production et les profits.

Naspers cède sa couronne, mais reste un acteur majeur

Le conglomérat technologique Naspers, longtemps en tête du classement, recule à la troisième position avec une capitalisation de 39 milliards de dollars. Sa restructuration en 2023 a simplifié ses participations, notamment via Prosus, sa filiale cotée à Amsterdam. Prosus détient 26 % de Tencent, le géant chinois des technologies, ainsi que des participations dans des entreprises de livraison de repas et de paiements. Malgré un léger recul, Naspers bénéficie d’une croissance soutenue de ses revenus (+22 % sur six mois).

Les banques sud-africaines en pleine santé

Les trois grandes banques sud-africaines (Standard Bank, FirstRand et Capitec) affichent des performances solides, avec des gains de capitalisation compris entre 6,3 et 7,7 milliards de dollars. Attijariwafa Bank, seule représentante marocaine du top 10, conserve une valeur stable de 15,7 milliards de dollars.

Le boom des métaux précieux relance le secteur minier

Valterra Platinum, issue du démantèlement d’Anglo American en 2025, voit sa valeur doubler pour atteindre 21,7 milliards de dollars. Spécialiste du platine, elle profite d’une demande mondiale soutenue et de prix record (2 700 dollars l’once). Impala Platinum, autre acteur majeur du secteur, grimpe de huit places dans le classement avec une capitalisation dépassant les 12 milliards de dollars. La hausse des cours du platine, combinée à une offre limitée, explique cette performance.

Cette reprise des valeurs africaines témoigne de la résilience du continent face aux crises économiques mondiales. Les secteurs minier, bancaire et technologique jouent un rôle clé dans cette dynamique, attirant des investissements étrangers et stimulant la croissance locale.

Source: african.business