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L'énergie renouvelable, levier de stabilité dans les marchés fragiles africains

Les marchés africains en situation de fragilité et de conflit sont souvent considérés comme trop risqués pour les investissements dans les énergies renouvelables. Pourtant, avec des structures de capital adaptées et une gouvernance communautaire, ces projets pourraient devenir non seulement rentables, mais aussi des moteurs de résilience et de développement économique.

Une logique d’investissement à repenser

Les énergies renouvelables en Afrique ne peuvent pas se développer en s’appuyant sur les hypothèses de risque traditionnelles. Les investisseurs, les institutions de financement du développement (IFD) et les acteurs de la consolidation de la paix doivent adopter une nouvelle logique financière, où la fragilité n’est plus une exception, mais un élément central du modèle. Les opportunités les plus prometteuses en Afrique émergent souvent aux intersections des secteurs, là où l’analyse conventionnelle est la plus faible et où le risque de mauvaise évaluation est le plus coûteux. Peu d’intersections sont aussi mal comprises que celle entre énergie, conflit et capital.

Les développeurs d’énergies renouvelables voient les contextes fragiles comme des risques opérationnels. Les acteurs de la paix y voient des défis de gouvernance. Les investisseurs, des risques financiers. En réalité, tous décrivent le même système sous différents angles. Cette approche est cruciale. Dans les marchés africains fragiles et touchés par des conflits, la question n’est plus de savoir si les énergies renouvelables peuvent fonctionner dans l’instabilité – elles le font déjà. La vraie question est de savoir si les marchés financiers peuvent s’adapter.

Des preuves concrètes sur le terrain

Une fois cette réalité comprise, la logique d’investissement change. Dans les zones fragiles, les énergies renouvelables se transforment en forces stabilisatrices aux effets multiplicateurs, capables de déclencher un cercle vertueux. Des mécanismes comme le financement amortisseur de chocs, les assurances contre les risques politiques et les réserves d’interruption doivent être intégrés dès le départ dans toute thèse d’investissement dans ces contextes.

Les exemples abondent. En République démocratique du Congo, des résidents ont protégé une mini-centrale solaire face à des menaces armées parce qu’elle était devenue essentielle à leur sécurité et à leur activité économique quotidienne. Autour du parc de Virunga, l’expansion de l’hydroélectricité près de Goma a affaibli une économie de guerre qui finançait autrefois des groupes armés, tout en créant des emplois et en stabilisant les moyens de subsistance grâce à l’électricité. À l’inverse, dans le nord du Nigeria, une mini-centrale solaire de 350 kW a été fermée suite à des violences armées, entraînant des mois de pertes financières et un redémarrage coûteux. La technologie n’a pas échoué ; le projet n’avait pas été conçu pour absorber les chocs de son environnement.

Le risque, un facteur prévisible et gérable

Ces cas ne sont pas isolés. Ils révèlent que les investisseurs sous-évaluent souvent le risque parce qu’ils posent la mauvaise question. Au lieu de se demander si un marché est trop risqué, il faudrait plutôt se demander quel type de structure de capital peut rendre ce risque viable. Dans les zones fragiles, le risque suit des schémas prévisibles : conflits fonciers, captation par les élites, exclusion communautaire, ruptures d’approvisionnement et interférences armées avec les infrastructures. Cette prévisibilité permet de le rendre lisible, donc assurable et finançable.

Cette nouvelle approche change la perception de la valeur. Une mini-centrale à Goma ou Maiduguri n’est pas qu’un actif énergétique : c’est aussi un actif de légitimité, de moyens de subsistance et d’intervention politique. Au Soudan du Sud, les routes d’approvisionnement en carburant sont coûteuses et dangereuses, contrôlées par des points de passage armés, avec une absence totale de capacité de raffinage local. Dans ce contexte, remplacer le diesel par du solaire décentralisé n’est pas qu’un remplacement technique – c’est une réduction de l’exposition structurelle à une économie de guerre. Le Darfour illustre la même tendance : après des années de conflit, l’effondrement du réseau électrique a poussé les communautés à adopter le solaire localement – plus rapidement, en toute sécurité et moins exposé aux conflits liés au carburant que les alternatives.

La légitimité, un facteur clé de performance

Le Kenya offre une leçon d’avertissement : même une infrastructure technologiquement performante peut devenir politiquement toxique si les communautés sont exclues des décisions foncières et de la répartition des bénéfices. Le projet éolien du lac Turkana était technologiquement réussi, mais socialement défaillant. Dans les marchés fragiles, le consentement et la légitimité sont intégrés à la performance du projet. Le Sahel relève encore plus les enjeux : coups d’État, insurgences et fragilité du réseau rendent l’environnement opérationnel difficile, mais le coût de l’inaction est plus élevé.

Dans les zones où l’État s’est effondré, les énergies renouvelables décentralisées ne sont pas un luxe, mais une réponse pratique à la fois politique et physique.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: african.business

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