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L'Afrique mobilise son capital pour transformer son infrastructure

Un tournant historique pour le développement industriel africain

La première édition de l’Africa We Build Summit, organisée conjointement par l’Africa Finance Corporation (AFC) et le gouvernement du Kenya, a marqué les esprits lorsque Aliko Dangote y a annoncé son intention de reproduire sa raffinerie emblématique en Tanzanie du Nord. Cet événement, placé sous le thème « Infrastructure comme moteur de l’industrialisation », a réuni les décideurs pour identifier et faire avancer des projets bancables, renforcer l’intégration régionale et accélérer le développement industriel du continent.

4 000 milliards de dollars : un potentiel à libérer

Le rapport State of Africa’s Infrastructure 2026, présenté lors du sommet, offre la analyse la plus complète à ce jour des besoins en investissements transcontinentaux. Il met en lumière les écarts de financement, les flux de capitaux et les pipelines de projets prioritaires. Samaila Zubairu, président et CEO de l’AFC, a souligné un constat clé : « L’Afrique n’est pas pauvre en capitaux ; elle est prisonnière de ses capitaux. » Avec 4 000 milliards de dollars de capital domestique disponible, le défi réside désormais dans sa mobilisation efficace.

Réformes et collaborations pour débloquer les investissements

Des réformes structurelles en Côte d’Ivoire, Nigeria, Afrique du Sud et Cameroun facilitent désormais l’orientation des capitaux vers les infrastructures et l’énergie. Batandwa Damoyi, directeur financier de la Public Investment Corporation (PIC) sud-africaine, a expliqué comment son institution se positionne comme investisseur catalyseur pour des projets d’envergure. En prenant des participations précoces, la PIC vise à attirer d’autres investisseurs et créer des plateformes d’investissement scalables.

Des fonds souverains aux ambitions continentales

Regis Rugemanshuro, CEO du Rwanda Social Security Board, a souligné l’engagement de son fonds dans des plateformes panafricaines comme Africa50. De même, le Guinea Sovereign Wealth Fund structure ses investissements pour diversifier les revenus miniers vers des secteurs productifs, avec une indépendance et transparence renforcées pour attirer les co-investisseurs.

La préparation des projets : un enjeu crucial

Joshua Oigara, CEO régional pour l’Afrique de l’Est à Stanbic Bank, a insisté sur l’importance des projets bien préparés. L’Afrique risque de voir ses capitaux s’exporter ailleurs en l’absence d’opportunités bancables. L’expérience sud-africaine dans les énergies renouvelables, ayant attiré 16 milliards de dollars grâce à un cadre réglementaire clair, illustre comment une politique stable peut débloquer des flux d’investissement.

Vers une industrialisation accélérée

Ce sommet historique confirme qu’avec des réformes audacieuses, une meilleure préparation des projets et une collaboration accrue entre institutions financières, l’Afrique peut transformer son capital en infrastructures modernes et industries compétitives. Le message est clair : le continent dispose des ressources nécessaires pour écrire son propre avenir industriel.

Source: african.business