L'Afrique maintient son élan sur les marchés de la dette malgré le conflit iranien
Alors que le monde retient son souffle face aux tensions géopolitiques, l’Afrique continue d’attirer les investisseurs. Malgré les craintes initiales liées au conflit en Iran, les émissions de dette souveraine du continent affichent une résilience surprenante.
Une demande persistante malgré les turbulences Les gouvernements africains parviennent toujours à lever des fonds avec succès sur les marchés internationaux de capitaux. Citibank rapporte une augmentation de plus des deux tiers du volume d’opérations de titres souverains africains en 2026, avec un total de 6,2 milliards de dollars levés - soit 70 % de plus qu’à la même période en 2025.
Des effets limités du conflit iranien Leo Morawiecki, spécialiste des dettes émergentes chez Aberdeen Investments, observe que les répercussions économiques de la guerre en Iran n’ont pas eu l’impact redouté sur l’Afrique. « Nous avons constaté très peu d’effets secondaires de ce conflit, explique-t-il. Bien qu’il y ait eu une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, cela n’a pas provoqué d’inflation généralisée. » Il ajoute que « le pétrole à 80 dollars le baril reste un scénario acceptable pour la majorité des pays africains, notamment les exportateurs nets de pétrole. »
L’accès aux marchés reste ouvert Morawiecki souligne que les émissions de dette continuent d’être bien accueillies. « Nous voyons toujours de nouvelles émissions sur le marché, précise-t-il. L’Angola a émis des obligations au début de l’année, tout comme la RDC et le Congo. » Il attribue cette performance à une situation économique plus solide qu’après la pandémie de Covid-19 ou la guerre en Ukraine, périodes marquées par des chocs énergétiques et alimentaires majeurs.
Des réserves en amélioration Plusieurs pays d’Afrique subsaharienne affichent des progrès notables dans leurs réserves de change. Le Ghana, l’Angola, la Côte d’Ivoire et, dans une moindre mesure, la RDC enregistrent des déficits courants réduits voire des excédents. Ces pays s’engagent dans des programmes avec le FMI pour régler leurs arriérés, un signal positif pour les marchés.
L’essor des placements privés Une tendance notable est l’augmentation des émissions de dette par placement privé, où les gouvernements vendent directement des obligations à des investisseurs institutionnels. Bien que ce processus soit plus coûteux, il permet une levée de fonds plus rapide et avec moins de scrutiny. En mai 2026, le Congo a levé 850 millions de dollars pour refinancer sa dette intérieure, après une émission similaire de 700 millions en février. L’Angola a également profité du marché des samouraïs japonais pour une émission en yens l’année dernière. Le Gabon et le Cameroun ont suivi cette voie.
Des conditions favorables aux investisseurs Morawiecki note que les spreads serrés sur les marchés obligataires mondiaux jouent en faveur de l’Afrique. « Les rendements à deux chiffres sont rares, ce qui suscite un intérêt accru pour des marchés auparavant moins explorés comme le Gabon ou la RDC », conclut-il.
Dans un contexte de volatilité mondiale, l’Afrique confirme sa capacité à transformer les défis en opportunités financières.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business