L'Afrique, futur géant du quick commerce ?
Dans les méandres de Lagos ou Nairobi, livrer un colis n’a rien d’une simple course. Entre embouteillages chronophages, rues méconnues des GPS et économie informelle omniprésente, le secteur de la livraison en Afrique écrit ses propres règles. Dima Rasnovsky, directeur des opérations de Glovo pour le continent, en est convaincu : ce marché ne ressemblera ni à l’Europe ni aux États-Unis. Les villes africaines, déjà ultra-denses, pourraient sauter directement vers un modèle de commerce rapide, contournant les infrastructures lourdes des entrepôts.
Un écosystème unique
Glovo mise sur le quick commerce – livraison express de courses, produits pharmaceutiques ou électroniques – comme futur pilier économique. Un pari audacieux alors que les défis persistent : prix de l’essence volatils, marges serrées et concurrence accrue. Pourtant, l’Afrique possède des atouts majeurs : 40% de la population vit dans des villes où les commerces de proximité pullulent, et l’adoption du mobile explose. « L’Afrique a sauté le desktop pour le mobile, elle pourrait faire de même avec l’e-commerce », analyse Rasnovsky.
La densité, clé du succès
Le modèle repose sur une équation simple mais complexe : rapprocher commerçants et clients. À Nairobi ou Lagos, un livreur en centre-ville coûte bien moins cher qu’un trajet transurbain. Glovo accélère donc l’intégration de petits commerçants, souvent actifs sur Instagram ou WhatsApp mais dépourvus d’infrastructure logistique. En avril 2026, la plateforme annonce un investissement de 10 milliards KES (77,6 millions $) au Kenya d’ici 2030 pour renforcer cette dynamique.
La bataille des parts de marché
Au Kenya, Glovo domine déjà le secteur avec 33% des préférences clients pour la livraison de nourriture, devant Uber Eats (21%) et Bolt Food (16%). Les courses représentent 46% de ses livraisons, un segment en forte croissance. Pourtant, les restaurants restent le cœur de métier : plus fréquentes, leurs commandes génèrent des revenus stables. Glovo mise désormais sur la diversification – produits pharmaceutiques, cosmétiques – pour équilibrer son modèle.
Défis persistants
Malgré ces avancées, les marges restent fragiles. Les commerçants subissent des coûts d’importation élevés et une inflation persistante, tandis que les consommateurs africains restent très sensibles aux prix. « La rentabilité découle du volume, et le volume dépend de la densité commerciale », résume Rasnovsky. Un cercle vertueux que Glovo entend accélérer en intégrant toujours plus de petits commerces à son écosystème.
L’Afrique pourrait-elle devenir le premier marché mondial du quick commerce ? Les fondations sont là, mais la route reste semée d’embûches.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com