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L'Afrique face à un dilemme réglementaire : attirer les capitaux ou protéger l'économie locale ?

L’Afrique technologique est à la croisée des chemins. Alors que les startups du continent cherchent à se développer, une vague de nouvelles réglementations en Ghana, Kenya et Ouganda envoie des signaux contradictoires aux investisseurs étrangers. Ces mesures, allant des restrictions de propriété aux taxes sur les plus-values, pourraient freiner l’essor d’un écosystème déjà en difficulté.

Ghana : entre ouverture et protectionnisme

En apparence, le Ghana envoie un message positif. Le parlement a récemment abrogé l’obligation de capital minimal de 500 000 dollars pour les entreprises entièrement détenues par des étrangers, une mesure saluée par les fondateurs de startups. Cependant, un projet de loi plus inquiétant se profile à l’horizon. Un article du projet de loi sur l’Autorité nationale des technologies de l’information stipule que les licences pour l’hébergement cloud, les logiciels SaaS, les centres de données et les partenariats numériques gouvernementaux seraient réservées aux entreprises « entièrement détenues par un citoyen ». Cette disposition menace directement les partenariats internationaux qui ont fait la réussite de sociétés ghanéennes comme Hubtel et mPharma.

Le ministre des Communications, Samuel Nartey George, a tenté de rassurer en affirmant qu’il n’y avait « aucune intention d’exclure les grandes technologies ». Il a ajouté que le gouvernement cherchait à « protéger proactivement les entreprises technologiques ghanéennes » pour renforcer les capacités locales. Pourtant, les critiques comme le blogueur technologique Alfred mettent en garde contre un possible recul des progrès réalisés dans le secteur numérique.

Kenya : une taxe sur les plus-values qui inquiète

Au Kenya, le gouvernement a élargi son filet fiscal avec une proposition de taxe de 15 % sur les plus-values réalisées à l’étranger lorsque les actions « tirent leur valeur du Kenya ». Cette mesure vise directement les structures de sociétés holding utilisées par les investisseurs en capital-risque et en private equity pour éviter les taxes locales lors des sorties. La proposition intervient dans un contexte de litiges fiscaux hautement médiatisés, comme la demande de 21 milliards de shillings kenyan (161,7 millions de dollars) liée à la sortie offshore de Tullow Oil.

L’Institut des comptables agréés du Kenya (ICPAK) a exprimé ses préoccupations, soulignant que la disposition pourrait créer des obligations fiscales kenyanes pour les restructurations internes et les levées de fonds. Robert Waruiru, associé directeur chez Ichiban Tax and Business Advisory, a qualifié la mesure de « cauchemar pour la conformité », notant que dans les marchés développés, ce type de taxe vise à empêcher le transfert de profits.

Ouganda : une loi controversée sur la souveraineté

En Ouganda, le président Yoweri Museveni a signé la loi sur la protection de la souveraineté, criminalisant la promotion des « intérêts d’un étranger au détriment de ceux de l’Ouganda ». La loi exige également l’approbation gouvernementale pour les travaux politiques soutenus par des fonds étrangers. Une version antérieure de la loi aurait obligé tout Ougandais recevant des fonds étrangers à s’enregistrer comme agent étranger, une mesure que le gouverneur de la Banque d’Ouganda, Michael Atingi-Ego, avait qualifiée de « désastre économique ». La version finale applique cette obligation uniquement aux fonds reçus à des fins politiques, épargnant les transferts de fonds qui représentent 3,8 % du PIB du pays.

Un écosystème en difficulté

Ces développements réglementaires interviennent à un moment délicat pour les startups africaines. Selon Africa: The Big Deal, seulement 162 investisseurs uniques ont participé à des deals de plus de 100 000 dollars entre janvier et avril 2026, un niveau record depuis cinq ans. Le financement en capital-actions a chuté de 13 % au cours des quatre premiers mois de l’année.

Face à ce ralentissement, certains acteurs locaux tentent de combler le vide. L’Africa Finance Corporation a lancé un fonds d’investissement de 100 millions de dollars pour réduire la domination étrangère dans les startups. Samaila Zubairu, président de l’AFC, a souligné que le défi n’était plus la talent ou l’innovation, mais le manque de capital institutionnel africain à long terme.

Conclusion

Alors que les gouvernements africains cherchent à équilibrer protection économique et attractivité pour les investisseurs, la voie à suivre reste incertaine. Les nouvelles réglementations pourraient soit étouffer l’innovation, soit renforcer les capacités locales. Une chose est sûre : le secteur technologique africain observe de près ces développements, en espérant que les décideurs politiques trouveront un équilibre entre souveraineté économique et croissance partagée.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: weetracker.com

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