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L'Afrique des startups : un boom financier, mais une crise de leadership

L’Afrique a connu en 2023 sa meilleure année de financement depuis 2022, avec un rebond des investissements dans les startups. Kenya, Afrique du Sud, Nigeria et Égypte ont capté l’essentiel de ces capitaux. Pourtant, derrière cette embellie financière se cache un défi bien plus profond : le manque de leadership qualifié.**

Le paradoxe des talents

Tosin Eniolorunda, CEO de Moniepoint, a récemment déclenché une polémique en affirmant que les candidats nigérians ne répondaient pas aux standards internationaux. Si certains y ont vu une provocation, Marcia Ashong-Sam, fondatrice de TheBoardroom Africa, propose une analyse plus nuancée. « Le problème n’est pas la compétence des professionnels africains, mais la capacité des organisations à révéler ce potentiel », explique-t-elle.

Investir dans le leadership, un impératif stratégique

Un constat revient sans cesse : les fondateurs de startups citent le talent comme leur premier défi, mais n’y consacrent qu’une infime partie de leur budget. Pourquoi ? Parce que le développement des leaders est souvent perçu comme une dépense, et non comme un levier de croissance. « Dans l’urgence des objectifs financiers, former ses cadres semble moins prioritaire que le développement produit ou la conquête client », observe Ashong-Sam.

Les travers d’un modèle axé sur la croissance

Le financement massif des startups africaines ces dernières années a encouragé une course à la croissance, au détriment de la maturité organisationnelle. « Les investisseurs ont privilégié les métriques de croissance plutôt que la capacité managériale », souligne Ashong-Sam. Cette approche a conduit à une illusion : celle que le talent peut s’acheter, sans être développé en interne.

Les clés d’une gestion performante des talents

Les entreprises qui réussissent à surmonter ce défi intègrent le leadership development comme une discipline opérationnelle. Elles mettent en place des plans de succession, évaluent régulièrement leurs talents et offrent à leurs collaborateurs des responsabilités transversales. « Il s’agit de préparer les leaders de demain avec la même rigueur que celle déployée pour construire le produit », précise Ashong-Sam.

Les signaux d’alerte d’une crise de leadership

Deux indicateurs doivent alerter les dirigeants : la vitesse de décision et le turnover des hauts potentiels. « Lorsqu’une entreprise autrefois agile devient lente, ou que ses meilleurs éléments quittent l’entreprise par manque de perspectives, c’est un signal clair de problèmes managériaux », avertit Ashong-Sam. Les conseils d’administration, trop focalisés sur les indicateurs financiers, négligent souvent ces signes avant-coureurs.

Un débat qui doit aller plus loin

La polémique autour des propos de Moniepoint a révélé une réalité : un professionnel peut être compétent sur le papier, mais échouer s’il n’est pas accompagné dans son développement. Ashong-Sam critique aussi l’attente de performances mondiales sans mettre en place les structures adéquates. « On ne peut exiger l’excellence sans offrir les moyens de la atteindre », conclut-elle.

L’Afrique des startups doit désormais relever ce défi : transformer son succès financier en véritable maturité managériale.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: weetracker.com

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