Guerre en Iran : un choc pour l'Afrique, mais une opportunité de transformation
La guerre en Iran plonge l’Afrique dans une crise économique sans précédent, mais pourrait accélérer sa transformation structurelle.
Alors que les répercussions du conflit au Moyen-Orient se propagent sur le continent africain, les dirigeants et institutions panafricaines voient dans cette crise une occasion unique de repenser leur modèle économique. Le rapport conjoint publié par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission de l’Union africaine (CUA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique pour l’Afrique (CEA) met en lumière les impacts dévastateurs des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la flambée des prix du pétrole et des engrais. Le Moyen-Orient, qui représente 15,8 % des importations africaines et 10,9 % de ses exportations, est au cœur de cette tempête.
Un continent sous pression
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole et près de 90 % du pétrole du golfe Persique, illustre la vulnérabilité extrême de l’Afrique face aux tensions régionales. Claver Gatete, secrétaire exécutif de la CEA, souligne que les régions d’Afrique australe et orientale sont les plus touchées. Les prix du pétrole ont bondi de plus de 50 % fin mars, tandis que 29 monnaies africaines se sont dépréciées, aggravant la charge de la dette extérieure et le coût des importations. Les pénuries d’ammoniac et d’urée menacent par ailleurs les récoltes de la saison critique de mars à mai, exacerbant les risques de famine.
Mahamoud Ali Youssouf, président de la CUA, a insisté sur l’urgence d’une préparation collective : « La solidarité et la cohérence sont aussi importantes que la préparation. Nous devons trouver les meilleures solutions pour atténuer les conséquences de cette crise. »
Une résilience à construire
Face à l’accélération des chocs globaux, les institutions africaines appellent à une action immédiate. Uhunna Eziakonwa Onochie, directeur du bureau régional du PNUD pour l’Afrique, souligne que « les opportunités sont plus claires » cette fois-ci. Le choix est clair : soit l’Afrique continue d’absorber les chocs et de mettre des années à se rétablir, soit elle prend des mesures décisives pour réduire sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement externes.
Certains pays pourraient tirer parti de la situation. Le Nigeria bénéficierait des prix élevés du pétrole et de l’exportation accrue depuis la raffinerie Dangote. Le Mozambique pourrait voir ses projets de gaz naturel liquéfié relancés, tandis que les ports sud-africains et namibiens profiteraient du détournement des routes maritimes autour du cap de Bonne-Espérance. L’Éthiopie renforce par ailleurs son rôle de plaque tournante aérienne entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Vers une autonomie stratégique
Lors d’une réunion avec les ministres des Finances africains, les défis persistants à la résilience ont été mis en avant. Les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer l’intégration régionale et la mise en œuvre rapide des cadres existants. L’objectif est clair : transformer cette crise en opportunité pour construire une Afrique plus autonome et résiliente.
Alors que l’issue du conflit reste incertaine, une chose est sûre : le continent doit agir vite pour éviter des conséquences durables.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business