GITEX Africa : L'heure des résultats a sonné
Le GITEX Africa, qui a ouvert ses portes hier, marque un tournant dans l’histoire des grands rassemblements technologiques africains. Finis les discours ambitieux sur le potentiel du continent : place désormais à l’action concrète. Comme l’a souligné un intervenant lors de la cérémonie d’ouverture, « il est temps de passer à l’exécution ». Avec 50 000 visiteurs attendus sur trois jours et la participation de plus de 130 pays, l’événement confirme son statut de premier salon technologique du continent.
Depuis sa création, le GITEX Africa s’est fixé un objectif ambitieux : positionner le Maroc comme plaque tournante des investissements technologiques en Afrique. L’objectif est clair : attirer capitaux, startups et décideurs politiques vers ce pays, au détriment des hubs traditionnels que sont le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Après quatre éditions, les discussions évoluent vers des résultats tangibles.
Mohammed Drissi Melyani, directeur général de l’Agence de développement numérique du Maroc, avait annoncé en 2025 que le GITEX dépassait le simple rôle de vitrine pour devenir une plateforme clé pour la promotion de l’inclusion numérique en Afrique. Cette année, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, a été plus direct : « Le GITEX Africa Maroc est bien plus qu’une exposition annuelle. C’est une véritable plateforme pour construire des partenariats et créer des opportunités ».
Parmi les startups présentes, certaines témoignent déjà de retombées concrètes. Abdoul Zakari, cofondateur de Sako, une fintech nigérienne spécialisée dans les paiements transfrontaliers en Afrique francophone, a conclu des accords générateurs de revenus après l’édition 2025. De retour cette année, il espère renouveler l’expérience. Son entreprise vise désormais le Nigeria, où les échanges commerciaux avec le Niger restent compliqués en raison de la faible pénétration bancaire au Niger (seulement 15 % des personnes âgées de plus de 15 ans possèdent un compte bancaire, selon la Banque mondiale).
Autre exemple notable : Amsa, fondateur sénégalais de Kaycber, une startup spécialisée dans les paiements de transport. Ayant récemment trouvé un partenaire au Sénégal, il a immédiatement fait le parallèle avec Cowry, la carte de paiement sans contact développée par l’entreprise nigériane TAP Technologies Limited. Ce système, utilisé par 5 000 personnes principalement en Ouganda, illustre les synergies possibles entre les écosystèmes africains.
Côté nigérian, l’absence de pavillon national cette année a suscité des interrogations. L’année dernière, le Nigeria était bien représenté, avec 12 startups soutenues par l’Agence nationale de développement des technologies de l’information (NITDA). Cette année, seulement 10 startups ont bénéficié d’un soutien partiel, devant assumer elles-mêmes une partie des coûts. Aristole Onumo, directeur de la gestion des parties prenantes à la NITDA, justifie cette approche : « Nous voulons que les startups s’engagent également ». Le coût total pour un fondateur participant s’élève entre 4 millions et 6 millions de nairas, soit environ 2 800 à 4 300 dollars.
Malgré ces défis financiers, six des dix startups nigérianes soutenues par la NITDA étaient présentes lors de ma visite. Parmi elles, Rescue Tap, fondée par Oyewole Joledo après la perte tragique de deux employés dans un « one chance », une forme de kidnapping impliquant des faux véhicules de transport.
Le GITEX Africa confirme ainsi sa mutation : d’un simple salon technologique à un véritable accélérateur de projets concrets, où chaque participant doit désormais prouver sa capacité à transformer les opportunités en résultats tangibles.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com