Uber quitte l'Afrique : un retrait stratégique ou un échec?
L’ère Uber en Afrique touche à sa fin
En 2014, Uber débarquait au Nigeria avec la promesse de révolutionner les transports urbains. Douze ans plus tard, le géant californien du covoiturage annonce son retrait du pays. Une décision qui s’inscrit dans une série de départs en Afrique, où Uber ne compte plus que quatre marchés actifs : Égypte, Ghana, Kenya et Afrique du Sud. Que s’est-il passé ?
Un modèle économique en échec
Le problème d’Uber en Afrique, et particulièrement au Nigeria, est avant tout mathématique. Pour être rentable, la plateforme doit proposer des tarifs assez bas pour attirer une clientèle aux revenus modestes, tout en permettant aux chauffeurs de gagner leur vie et en laissant une marge à l’entreprise. Un équilibre délicat, rendu encore plus difficile par la flambée des prix de l’essence. La suppression des subventions sur les carburants en 2023 a triplé le coût du pétrole et du diesel. Cette année, les tensions géopolitiques ont encore aggravé la situation, poussant les tarifs à la hausse.
Ikemesit Effiong, partenaire chez SBM Intelligence, explique que la classe moyenne nigériane s’est fortement réduite ces dernières années. « Beaucoup de Nigérians ont perdu leur statut de classe moyenne », précise-t-il. La dépréciation du naira, qui a perdu deux tiers de sa valeur depuis 2023, n’a fait qu’aggraver les difficultés d’Uber, dont une grande partie des coûts sont libellés en dollars. « La donne a changé », conclut-il.
La concurrence locale, un défi de taille
Uber n’est plus le seul acteur sur ce marché. Des concurrents comme Bolt, basé en Estonie, ou encore inDrive, d’origine russe, ont su s’imposer en proposant des commissions plus avantageuses pour les chauffeurs. Bolt, présent dans neuf pays africains, prend généralement entre 15 et 20 % de commission, contre 25 % pour Uber. Cette différence a incité de nombreux chauffeurs à quitter la plateforme américaine.
Les données de Sensor Tower révèlent une chute drastique de l’activité d’Uber au Nigeria. En décembre 2025, la plateforme ne comptait plus que 500 000 utilisateurs actifs, contre 3,3 millions pour Bolt. Une preuve supplémentaire que le géant du covoiturage a perdu la bataille face à ses rivaux.
Un avenir incertain en Afrique
Malgré son retrait du Nigeria, d’Ouganda et de Tanzanie, Uber affirme rester engagé en Afrique subsaharienne. Pourtant, son recul est incontestable. La question se pose : Uber a-t-il échoué à s’adapter aux réalités économiques africaines, ou son départ est-il une stratégie pour se recentrer sur des marchés plus rentables ?
Une chose est sûre : l’histoire d’Uber en Afrique montre que même les géants de la tech doivent s’adapter pour survivre sur ce continent en pleine mutation.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business