Tanzanie : L'ère post-mobile money et l'évolution du paysage financier
La Tanzanie, pionnière de la finance digitale en Afrique, franchit une nouvelle étape.
Dans un continent où l’inclusion financière numérique reste un défi pour beaucoup, la Tanzanie a déjà atteint un stade avancé. Les services financiers digitaux font partie intégrante du quotidien des Tanzaniens, qu’ils soient en ville, dans les zones rurales ou sur les îles de Zanzibar. La question qui se pose désormais n’est plus l’accès à ces services, mais leur utilisation optimale. Ce changement marque une évolution significative par rapport aux analyses précédentes qui mettaient l’accent sur le mobile money et les initiatives comme ‘Silicon Zanzibar’.
Une économie en croissance avec des fondamentaux solides
Selon les projections du Fonds Monétaire International (FMI), l’économie tanzanienne devrait croître de 5,9 % en 2026, avec une inflation maîtrisée autour de 4 %. Le PIB nominal devrait atteindre près de 95 milliards de dollars, soit environ 1 360 dollars par habitant. Les secteurs clés comme l’agriculture, le tourisme et les télécommunications continuent de porter cette croissance, tandis que Dar es Salaam reste le cœur financier du pays. Les grandes institutions bancaires comme CRDB Bank, NMB Bank et la National Bank of Commerce jouent un rôle central dans ce paysage.
Le mobile money : une réussite qui pose de nouveaux défis
Le succès initial de la Tanzanie en matière de finance digitale repose sur les services de mobile money comme M-Pesa, Mixx by Yas ou encore AzamPesa. Ces plateformes ont permis à des millions de Tanzaniens d’accéder aux services financiers sans passer par les banques traditionnelles, un avantage particulièrement crucial pour les zones rurales. À la fin de l’année dernière, le pays comptait environ 75,8 millions d’abonnements actifs à ces services, un chiffre qui dépasse la population adulte grâce à la multi-détention de comptes.
Cependant, cette réussite a aussi révélé des limites. La fragmentation du marché entre différentes plateformes et banques complique les transferts d’argent entre réseaux. C’est pour résoudre ce problème que le système de paiement instantané Tanzanien (TIPS) a été développé. Opéré par la Banque de Tanzanie, cette plateforme permet des transferts en temps réel entre institutions financières participantes. Un atout majeur : TIPS a été conçu localement, donnant au pays un contrôle souverain sur cette infrastructure critique.
Vers une utilisation plus qualitative des services financiers
Si la Tanzanie a fait d’importants progrès en matière d’inclusion financière - 89 % des adultes ont accès à des services formels et 76 % les utilisent activement - le défi actuel est d’ordre qualitatif. Beaucoup se contentent encore des fonctions basiques comme les transferts ou retraits d’argent, sans exploiter pleinement le potentiel des services financiers pour améliorer leur situation économique à long terme.
Le Cadre National d’Inclusion Financière 2023-2028 répond à cette préoccupation en ciblant des populations spécifiques comme les femmes, les jeunes et les PME. Il met aussi l’accent sur la protection des consommateurs et l’éducation financière, des éléments clés pour une utilisation responsable des services digitaux.
Le fintech au service de l’économie réelle
L’écosystème fintech tanzanien évolue rapidement au-delà des simples transferts d’argent entre particuliers. Des entreprises comme AzamPay ou Selcom développent des solutions de paiement pour les commerçants et les entreprises. Ces services sont particulièrement précieux pour les PME qui ont besoin de capacités de paiement digital sans pouvoir développer leur propre infrastructure financière.
D’autres acteurs locaux se concentrent sur des niches comme les transferts d’argent internationaux, l’épargne ou la gestion de patrimoine personnel. Ces innovations montrent comment le fintech devient progressivement une infrastructure essentielle pour l’économie tanzanienne.
La Tanzanie montre ainsi la voie à suivre pour transformer l’accès aux services financiers en véritable levier de développement économique. Le pays a posé les bases ; il lui reste maintenant à maximiser l’impact de cette révolution digitale sur la vie quotidienne de ses citoyens.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: thefintechtimes.com