Payd, la fintech kényane, reprend ses services après des pertes de change majeures
Payd, la plateforme kényane de paiements internationaux, annonce sa reprise d’activité ce vendredi 18 septembre, après un arrêt forcé en mai dernier. La cause ? Des pertes de change mal anticipées qui ont mis l’entreprise dans l’incapacité d’honorer certaines transactions pour ses clients.
Fondée en 2023 par Benaiah Wepundi, Payd permet aux freelances, entrepreneurs et entreprises de recevoir des paiements internationaux et de les convertir en devises locales. Avec 30 000 utilisateurs répartis entre le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Sénégal, la startup avait connu une croissance fulgurante avant de se heurter à des problèmes de trésorerie.
Une croissance trop rapide, un modèle fragile
Entre septembre 2025 et mai 2026, le volume de paiements mensuels de Payd est passé de 500 000 à plus de 3 millions de dollars. Une expansion rapide qui a révélé des failles dans son système de gestion des risques de change. L’entreprise proposait jusqu’à 52 devises différentes, avant de réduire ce nombre à 35, puis finalement à 13.
Le problème ? Payd ne prenait pas suffisamment en compte les fluctuations des taux de change entre le moment où elle recevait les fonds (principalement en dollars) et celui où elle devait les convertir en devises locales pour les paiements. Par exemple, un paiement de 100 dollars pré-financé à un taux de change de 1 dollar pour 10 unités locales pouvait nécessiter bien plus de monnaie locale cinq jours plus tard, si le taux avait évolué à 1 dollar pour 13 unités.
‘Nous n’avons pas su suivre ces variations avec suffisamment de précision’, admet Benaiah Wepundi. ‘Notre modèle de trésorerie ne tenait pas compte des changements entre le pré-financement et les paiements, ni des frais de conversion appliqués par nos partenaires.‘
Un redémarrage sous haute surveillance
Payd prévoit de relancer ses services ce vendredi, via son application, son chatbot WhatsApp, sa plateforme professionnelle et son API. Les utilisateurs pourront suivre leurs soldes existants et choisir les comptes de destination pour les règlements.
Cette reprise intervient après des mois de turbulence. En mai, certains clients n’ont plus pu effectuer de transferts vers le Nigeria, sans explication claire. Payd avait évoqué un simple ‘temps d’arrêt de l’application’ pour justifier ces dysfonctionnements.
Leçons pour les fintechs africaines
L’expérience de Payd illustre les risques cachés des paiements transfrontaliers en Afrique. Si ces services peuvent sembler attractifs grâce à leur croissance rapide, ils exposent les entreprises à des risques de liquidité, de règlement et de change.
Payd avait pourtant mis en place un partenariat avec Noah pour intégrer des rails de paiement basés sur les stablecoins. En mars 2026, la startup se présentait comme une plateforme ‘sans frontières’ pour les travailleurs et entreprises internationaux.
‘Nous assumons pleinement nos responsabilités dans cette situation’, conclut Wepundi. ‘Notre système de monitoring n’a pas identifié assez tôt l’ampleur des pertes.’
Pour les fintechs africaines, cette affaire rappelle l’importance cruciale d’une gestion rigoureuse des risques financiers dans un environnement économique volatile.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com