PAPSS : vers une révolution des paiements intra-africains ?
Depuis son lancement en 2022, le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) promet de transformer les échanges financiers intra-africains. Mais les défis réglementaires et technologiques freinent encore son adoption généralisée.
Un système révolutionnaire en pleine expansion
Le PAPSS, initiative conjointe de la Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank), de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), a réalisé des progrès impressionnants. En seulement quatre ans, ce système connecte désormais 30 pays africains, 24 banques centrales, près de 200 institutions financières et plus de 16 commutateurs de paiement. Une performance remarquable qui réduit le temps de règlement des transactions transfrontalières de plusieurs jours à seulement sept secondes en moyenne, bien en dessous des 120 secondes garanties.
Les bénéfices économiques sont tout aussi spectaculaires : les coûts des transferts d’argent ont chuté jusqu’à 95 %, tandis que le volume des transactions a été multiplié par plus de mille en un an. Ces chiffres témoignent du potentiel du PAPSS pour dynamiser le commerce intra-africain, actuellement en dessous de son plein potentiel.
Le défi des devises africaines
L’un des principaux obstacles au commerce intra-africain réside dans la fragmentation monétaire du continent. Le PAPSS répond à ce défi en éliminant le besoin de convertir les transactions locales en dollars ou en euros avant règlement. Grâce à son système de compensation multilatérale, seul le solde net des transactions entre deux pays est transféré. Par exemple, si 10 millions de dollars de transactions vont vers le Ghana et que 9 millions partent du Ghana vers le Nigeria, seul l’équivalent de 1 million de dollars changera de mains.
Pour renforcer cette approche, le PAPSS a lancé en 2025 un marché des devises panafricain (PACM) en collaboration avec Interstellar, une entreprise africaine de deep-tech. Ce marché permet aux devises africaines d’être échangées directement au taux de change en vigueur dans chaque pays, une innovation majeure pour un continent où la convertibilité des monnaies reste limitée.
Adoption inégale et défis réglementaires
Malgré ces avancées, l’adoption du PAPSS reste inégale d’un pays à l’autre. Dans certains marchés comme le Ghana et le Nigeria, plus de 90 % des banques commerciales ont intégré le système, grâce au soutien actif des banques centrales. Cependant, dans d’autres pays, l’adoption est freinée par des facteurs réglementaires, technologiques ou simplement par le manque de sensibilisation.
Le PDG du PAPSS, Mike Ogbalu III, souligne que la phase initiale de développement du système est désormais achevée. L’accent sera désormais mis sur l’approfondissement du réseau et la mise à disposition des capacités du PAPSS aux entreprises et consommateurs. Cette transition est cruciale pour évaluer si le système répondra effectivement aux besoins du commerce intra-africain.
Vers une adoption généralisée ?
Pour que le PAPSS atteigne son plein potentiel, il est essentiel que les entreprises et les consommateurs l’adoptent massivement. Les banques centrales jouent un rôle clé dans ce processus, comme en témoigne l’exemple du Ghana et du Nigeria. Cependant, dans d’autres régions, des obstacles réglementaires et technologiques persistent.
Le succès du PAPSS dépendra de sa capacité à surmonter ces défis et à s’intégrer pleinement dans les écosystèmes financiers locaux. Si le système parvient à relever ces défis, il pourrait bien devenir l’infrastructure de paiement incontournable pour le commerce intra-africain, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de la ZLECA.
En définitive, le PAPSS représente une opportunité majeure pour l’Afrique de renforcer son intégration économique. Mais pour y parvenir, il faudra continuer à travailler sur les aspects réglementaires et technologiques qui freinent encore son adoption généralisée.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com