OneBio mise sur la biotechnologie africaine avec un fonds de 6 millions de dollars
OneBio Venture Studio franchit une étape cruciale dans le financement des biotechnologies africaines
Alors que l’écosystème africain des startups reste dominé par la fintech et le e-commerce, OneBio Venture Studio entend changer la donne. Le studio d’entreprise basé à Cape Town vient de boucler un premier tour de financement de 100 millions de rands (6 millions de dollars) pour son deuxième fonds, avec un objectif final de 300 millions de rands (18 millions de dollars) d’ici mi-2027. Cette levée de fonds marque une étape importante dans le développement des biotechnologies sur le continent, un secteur encore en friche mais riche en potentiel.
Un modèle hybride pour surmonter les défis africains
Contrairement aux fonds de capital-risque traditionnels, OneBio agit à la fois comme investisseur et comme studio d’entreprise. Le modèle, inspiré de Flagship Pioneering aux États-Unis, consiste à créer des entreprises biotech de toutes pièces. Cependant, l’Afrique présente des défis spécifiques : infrastructure de laboratoires limitée, réglementations fragmentées, manque de profondeur dans les essais cliniques et un marché de sortie peu développé. Malgré ces obstacles, OneBio croit en la possibilité de transformer ces contraintes en opportunités investissables.
Des succès mitigés mais prometteurs
Le portefeuille de OneBio illustre à la fois les défis et les réussites du secteur. Sur 16 investissements, huit entreprises ont été cédées et six ont fermé, dont WNNR Biotech, Tryad, Gourmet Grubb, MyBiome et PharmaHealth Technologies. Cependant, quelques pépites se distinguent : LifeQ a levé plus de 47 millions de dollars et génère des revenus, tandis que CapeBio a su tirer parti de la demande en diagnostics pendant la pandémie pour se construire une activité viable.
Des investissements récents et un avenir à prouver
OneBio continue de soutenir de nouvelles entreprises, comme Altera Biosciences, qui a levé 29 millions de rands (1,6 million de dollars) lors d’un tour pré-amorce en juillet 2025. D’autres ventures comme Biomine, Immobazyme et Bixbio bénéficient également de l’accompagnement du studio. Le premier tour de financement de OneBio n’est pas seulement une victoire, mais aussi un test pour l’ensemble du secteur des biotechnologies africaines. La vraie question est de savoir si ce modèle pourra produire des entreprises capables de surmonter les longs cycles de développement et de générer suffisamment de rendements pour soutenir l’ensemble de la classe d’actifs.
Un signal pour l’avenir des biotechnologies africaines
Si OneBio parvient à ses fins, ce fonds pourrait bien être le signal qu’attend l’Afrique pour diversifier ses investissements au-delà des logiciels et des paiements. Il s’agirait alors de financer la construction d’industries scientifiques à la frontière de l’innovation, un pas de géant pour le continent.
Source: techbuild.africa