← Retour aux articles

Nouveaux tarifs américains : sept pays africains dans le viseur

Les États-Unis envisagent d’imposer des droits de douane supplémentaires sur sept pays africains, accusés de ne pas respecter les normes internationales en matière de travail forcé. Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre de la Section 301 du Trade Act, pourrait toucher l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, la Libye, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Une enquête approfondie sur les pratiques commerciales

En mars dernier, le Représentant américain au commerce (USTR) a lancé des investigations sur les pratiques commerciales de 60 pays, représentant 99,4 % des importations américaines. Le rapport publié le 3 juin révèle que 54 économies n’ont pas imposé de prohibition légale sur les produits issus du travail forcé, tandis que six autres n’ont pas appliqué efficacement cette interdiction. Le USTR conclut que les actes, politiques et pratiques de ces économies sont actionnables en vertu de la Section 301.

Les pays les plus exposés

Selon une analyse de ONE Data, l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud sont les pays africains les plus vulnérables à ces nouveaux tarifs. L’Égypte, qui exporte pour 2,6 milliards de dollars vers les États-Unis, verrait son taux effectif de droits de douane (ETR) augmenter de 1,9 point de pourcentage, passant de 11,9 % à 13,8 %. Les textiles et vêtements représentent plus de la moitié de ses exportations vers les États-Unis.

Le Maroc, avec des exportations de 1,8 milliard de dollars, verrait son ETR passer de 9,9 % à 11,4 %. Les vêtements et le poisson préparé sont les principaux contributeurs à cette hausse. Quant à l’Afrique du Sud, premier exportateur africain vers les États-Unis avec 14,6 milliards de dollars, son ETR augmenterait de 0,9 point pour atteindre 10,4 %. Les métaux précieux et les bijoux représentent près de 57 % de ses exportations vers les États-Unis.

Une stratégie américaine en difficulté

Cette menace s’inscrit dans une tentative des États-Unis de relancer leur agenda tarifaire, un pilier de la politique commerciale de l’administration Trump. Cependant, cette stratégie a rencontré des obstacles juridiques majeurs. La Cour suprême a récemment jugé que l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) ne permet pas au président d’imposer des droits de douane sur les importations. En réaction, Trump a utilisé d’autres pouvoirs législatifs pour imposer un nouveau tarif global de 10 %, mais cette mesure est temporaire et expirera le 24 juillet, sauf prolongation par le Congrès.

Selon l’Institut Brookings, l’administration américaine a rapidement recours à la Section 122 du Trade Act de 1974, une autorité temporaire destinée aux urgences de balance des paiements. La Section 301, bien que plus lente et procéduralement contrainte, pourrait permettre d’établir une base juridique plus durable pour des mesures spécifiques aux pays.

Implications économiques

Les quatre autres pays africains concernés par cette mesure — la Libye, le Nigeria, l’Algérie et l’Angola — sont des exportateurs majeurs de pétrole brut, déjà soumis à des tarifs proches de zéro. Ainsi, les changements d’ETR pour ces pays devraient être négligeables.

Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives sur les économies africaines concernées, en particulier celles dont les exportations vers les États-Unis sont fortement dépendantes des secteurs textiles et agricoles. Les entreprises et les gouvernements de ces pays devront probablement adapter leurs stratégies commerciales pour atténuer l’impact potentiel de ces nouveaux tarifs.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: african.business

Besoin de conseil en IA, fintech ou transformation digitale ? Contactez SoatDev →