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Nigeria impose un ultimatum aux banques et fintechs : rapatrier les données de paiement d'ici 2027

Le Nigeria accélère sa souveraineté numérique

Les dix plus grandes banques nigérianes ont investi 177,91 milliards de nairas (environ 130 millions de dollars) dans la technologie au premier trimestre 2026, soit une hausse de près de 31 % par rapport à la même période l’année précédente. Pourtant, une part significative de ces dépenses s’envole vers des plateformes cloud étrangères comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Selon les estimations sectorielles, les entreprises nigérianes dépensent jusqu’à 850 millions de dollars annuellement pour des infrastructures cloud étrangères, privant ainsi l’économie locale de ces capitaux et plaçant les données sensibles sous juridiction étrangère.

Un tournant réglementaire

Le 15 juin 2026, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a émis une directive exigeant que toutes les données de transactions de paiement générées dans le pays soient stockées et gérées localement à partir du 1er janvier 2027. Cette obligation s’applique aux banques de dépôt, aux institutions de microfinance, aux opérateurs de mobile money, aux sociétés de switching et aux prestataires de services de paiement.

Pour concrétiser cette directive, la NITDA (National Information Technology Development Agency) a signé trois instruments réglementaires le 4 août 2026 : les Lignes directrices nationales sur l’informatique en nuage, la Ligne directrice technique nationale sur le cloud et le Cadre d’assurance de l’infrastructure numérique nationale, accompagnés d’une Stratégie d’investissement dans le cloud national. À partir d’octobre 2026, une plateforme réglementaire numérique nationale sera mise en ligne pour l’enregistrement, l’évaluation technique et la certification des fournisseurs de cloud, des opérateurs de centres de données, des intégrateurs de systèmes et des fournisseurs de services gérés.

Un défi de taille pour les fintechs

Krishnan Ranganath, PDG de UniCloud Africa, souligne que la plupart des banques commerciales de premier et second rang ont déjà localisé leurs données transactionnelles. Cependant, les fintechs, banques digitales et autres institutions financières hébergeant encore des données à l’étranger sont confrontées à un défi de taille. « De nombreuses fintechs ont des accords à long terme avec des fournisseurs de cloud internationaux, rendant la migration coûteuse et complexe sur le plan opérationnel », explique Ranganath. De plus, la question de la confiance en matière de résilience infrastructurelle et de cybersécurité reste cruciale.

Une opportunité pour les infrastructures locales

La directive de la CBN représente un signal fort pour les centres de données locaux, les plateformes cloud et les services d’interconnexion. Le Nigeria compte actuellement 26 centres de données, avec une capacité installée estimée entre 65 et 86 mégawatts. Les projections indiquent une possible augmentation de cette capacité à plus de 400 mégawatts d’ici trois à cinq ans. Des acteurs locaux comme Galaxy Backbone se positionnent déjà pour répondre à cette demande croissante.

Un cadre clair pour l’industrie

Au-delà de la localisation des données, le Nigeria met en place un cadre d’assurance qui transforme une contrainte réglementaire en opportunité structurée. Les banques et fintechs disposent désormais d’une voie claire pour la conformité, tandis que les fournisseurs, qu’ils soient étrangers ou locaux, seront évalués selon une norme unique publiée. Reste à savoir si l’infrastructure, le capital et les capacités techniques pourront évoluer suffisamment rapidement pour répondre à la demande avant la date butoir de janvier 2027.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: weetracker.com

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