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Moove : du financement de voitures pour chauffeurs à la révolution des véhicules autonomes

Moove, le géant nigérian de la mobilité, change radicalement de cap.

En 2020, Moove débarquait à Lagos avec une mission claire : permettre aux chauffeurs nigérians d’accéder à la propriété de véhicules grâce à un système de financement innovant. Six ans plus tard, l’entreprise vaut 2,1 milliards de dollars et compte 42 000 véhicules à son actif. Pourtant, son dernier tour de table de 250 millions de dollars, mené par Mubadala d’Abu Dhabi, marque un tournant stratégique : Moove mise désormais sur les véhicules autonomes, un secteur où elle entend jouer un rôle clé.

Un pivot stratégique vers l’autonomie

Moove a identifié une faille majeure dans l’écosystème des robotaxis : ni les développeurs de logiciels comme Waymo, ni les plateformes comme Uber ne veulent assumer la gestion des véhicules. Entretien, nettoyage, recharge… ces tâches logistiques sont perçues comme des contraintes. Ladi Delano, cofondateur de Moove, a saisi cette opportunité pour positionner son entreprise comme un acteur central dans l’exploitation des flottes autonomes. Aujourd’hui, Moove est le partenaire de Waymo pour la gestion des véhicules à Phoenix, Miami et bientôt Londres.

L’entreprise prévoit d’étendre son équipe dédiée aux véhicules autonomes de 150 à 500 employés d’ici la fin de l’année. Elle développe également des dépôts automatisés appelés « Nests », capables d’assurer la recharge et la maintenance 24 heures sur 24. Moove affirme déjà posséder des robotaxis d’un développeur non divulgué et vise à en détenir des centaines de milliers à l’avenir.

Un héritage controversé au Nigeria

Ironiquement, alors que Moove se tourne vers l’autonomie, son modèle initial de « conduite pour posséder » suscite des tensions au Nigeria. L’an dernier, le syndicat des transporteurs nigérians a menacé de grève indéfinie contre Uber et Moove, accusant ces entreprises de pratiques exploitatrices. Les chauffeurs dénoncent la saisie de véhicules et des manipulations présumées dans les registres de remboursement. La situation a même conduit le Congrès nigérian du travail à planifier une « mère de toutes les protestations ». Uber s’est désolidarisé, affirmant que ces décisions relèvent de Moove.

Une expansion mondiale au détriment des marchés africains

Moove a acquis une expertise opérationnelle inestimable dans des environnements complexes comme Lagos, où elle a dû composer avec le trafic chaotique, la volatilité monétaire et l’absence d’historique de crédit des chauffeurs. Ces compétences sont précisément celles requises pour déployer des robotaxis à grande échelle. Pourtant, l’entreprise déplace progressivement son focus hors du continent africain, ciblant les États-Unis, l’Europe et l’Asie.

Bien que Moove affirme que son activité traditionnelle de mobilité devrait atteindre la rentabilité cette année, avec 420 millions de dollars de revenus récurrents annuels et une présence dans 29 villes de 13 pays, ses investissements récents visent clairement l’autonomie. Les fonds levés serviront à développer les infrastructures de flottes autonomes et les « Nests » à l’échelle mondiale, et non à étendre le financement automobile pour les travailleurs indépendants en Afrique.

Ladi Delano résume cette vision : « Chaque révolution technologique majeure devient une course à l’infrastructure. » Ali Eid AlMheiri, de Mubadala, ajoute : « L’infrastructure devient de plus en plus cruciale à mesure que la mobilité autonome passe de l’innovation au déploiement à grande échelle. »

Moove, qui a bâti sa réputation en mettant des Nigérians au volant, parie désormais sur un avenir où les conducteurs ne seront plus nécessaires. Une transition audacieuse qui pourrait redéfinir le paysage de la mobilité mondiale.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: weetracker.com

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