Madica : Investir dans l'ombre des marchés africains méconnus
200 000 dollars, c’est insuffisant : Emmanuel Adegboye, directeur de Madica, en sait quelque chose. Depuis trois ans, il parie sur des startups africaines hors des sentiers battus, là où peu d’investisseurs osent regarder. Une stratégie qui défie les conventions du venture capital en Afrique.**
Madica, le programme d’investissement panafricain de Flourish Ventures, mise sur des marchés souvent ignorés par les investisseurs traditionnels. Nigeria, Kenya, Afrique du Sud et Égypte captent l’essentiel des fonds, non par mérite, mais par proximité géographique. Pourtant, les opportunités les plus prometteuses se trouvent ailleurs : en Algérie, au Cameroun ou encore au Sénégal. « Notre thèse initiale reste valable : les meilleurs fonds de démarrage se trouvent dans des secteurs et marchés sous-financés », affirme Adegboye depuis Dakar.
Une approche contre-intuitive
Madica se distingue par sa méthode. Chaque investissement doit répondre à l’un de ces critères : profil du fondateur, genre, marché ou secteur. Résultat ? La moitié des startups financées comptent une cofondatrice, alors que les femmes fondatrices ne représentent qu’un faible pourcentage des fonds levés sur le continent. « Le besoin existe toujours », insiste Adegboye.
Les limites du modèle initial
Au départ, 200 000 dollars devaient suffire pour lancer une startup. La réalité est plus complexe : les délais entre deux levées de fonds s’allongent, et les besoins en capital augmentent. Madica a donc adapté sa stratégie : co-investissements systématiques pour renforcer les chances de survie des startups. « Nous avons appris que ces entreprises ont besoin de plus de fonds, et pour plus longtemps », explique Adegboye.
Les défis persistants
Le venture capital global traverse une crise de concentration. Les fonds se raréfient, et ceux qui existent se précipitent vers quelques pépites technologiques. « Ce n’est pas un phénomène nigérian, mais mondial », précise Adegboye. Pourtant, les opportunités abondent en Afrique, notamment dans des secteurs comme la technologie vocale, qu’il considère comme le prochain grand espoir de l’IA sur le continent.
Vers une nouvelle ère d’investissement
Madica prouve qu’il est possible de financer des startups dans des marchés sans écosystème venture établi. « Nous avons investi dans 10 pays différents, y compris en Algérie et au Cameroun », souligne Adegboye. Son objectif ? Découvrir des success stories capables de changer la donne.
Pour l’avenir, une réforme politique clé s’impose : libérer le capital institutionnel local. Car si les investisseurs étrangers restent timides, les solutions africaines existent déjà. Il suffit de savoir où regarder.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com