Lungi Sangqu : 39 ans dans la tech, une leçon cruciale
Lungi Sangqu, pionnière de la transformation numérique en Afrique, révèle pourquoi les investissements technologiques échouent souvent à résoudre les problèmes réels des organisations.
Née dans la petite ville de Mthatha, en Afrique du Sud, Lungi Sangqu a découvert l’informatique en 1987. Ce qui n’était alors qu’une curiosité académique est devenu une passion, puis un métier, et enfin une mission : rendre la technologie utile aux humains. Après avoir traversé 49 pays africains et piloté des projets dans la banque, les transports, l’éducation et bien d’autres secteurs, elle tire un enseignement capital : l’échec des systèmes numériques ne vient presque jamais de la technologie elle-même, mais de l’incapacité des dirigeants à comprendre les problèmes qu’ils cherchent à résoudre.
Une vision humaine de la technologie
Sangqu, fondatrice et CEO d’Africa Digital Success, a commencé sa carrière comme programmeuse dans les années 1990. Très vite, elle a compris que la vraie valeur de l’informatique ne résidait pas dans le code, mais dans son impact sur les processus métiers. « Les mathématiques m’ont appris la discipline ; la technologie, la possibilité », confie-t-elle. Pourtant, c’est en travaillant au sein d’institutions comme la Banque de réserve sud-africaine, DHL Express ou Transnet Freight Rail qu’elle a réalisé que les défis technologiques les plus ardus se situaient souvent en dehors de l’écriture du code.
Le piège des solutions clés en main
Combien d’entreprises africaines dépensent des millions dans des logiciels sophistiqués, pour constater que personne ne les utilise ? Sangqu a vu ce scénario se répéter à maintes reprises. La tentation est grande de croire qu’un outil technologique, par sa seule existence, résoudra les inefficacités organisationnelles. Pourtant, l’échec survient lorsque les dirigeants confondent stratégie technologique et stratégie d’entreprise.
Prenons l’exemple de l’Université de Afrique du Sud (UNISA), où elle a dirigé la numérisation des processus étudiants. Le projet ne consistait pas simplement à acheter un logiciel de gestion, mais à repenser entièrement les workflows administratifs. Résultat : en 2013, la correction des devoirs était entièrement dématérialisée. Cependant, cette modernisation a aussi révélé des inégalités criantes : les étudiants ruraux, souvent privés de connexion internet fiable, étaient désavantagés par rapport à leurs camarades urbains.
Leadership et transformation numérique
Pour Sangqu, la leçon est claire : la technologie doit être au service des humains, et non l’inverse. Les dirigeants doivent cesser de déléguer la stratégie numérique à leurs équipes IT. Ils doivent, au contraire, s’impliquer personnellement pour comprendre les problèmes concrets de leurs organisations. « Chaque problème nécessite la bonne technologie, et non l’inverse », insiste-t-elle.
Alors que l’intelligence artificielle et les outils automatisés gagnent du terrain, son message résonne avec une actualité brûlante. L’Afrique a besoin de plus que des solutions technologiques : elle a besoin de leaders capables d’en faire des leviers de progrès humain.
La technologie n’est pas une baguette magique. Elle est un outil – puissant, mais seulement si elle sert des objectifs clairs et centrés sur l’humain.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com