Les sorties : l'obsession des investisseurs en Afrique en 2026
En ce milieu d’année 2026, un constat s’impose : les investisseurs en Afrique ont une seule question en tête. Peut-on récupérer l’argent investi ? Cette préoccupation centrale émerge clairement des 22 éditions d’Ask an Investor publiées depuis janvier. Entre un fonds de private equity gérant 670 millions de dollars et une banque angolaine ayant suivi une startup pendant trois ans, les profils sont variés. Pourtant, tous convergent vers ce même impératif : la sortie de l’investissement.
Le défi des sorties devient stratégique
Ido Sum, ancien partenaire chez TLcom (250 millions de dollars sous gestion), compare l’écosystème africain à celui des États-Unis dans les années 1970 ou d’Israël dans les années 1980. L’Afrique est en phase de maturation, avec des opérations de quelques dizaines à centaines de millions avant les grandes sorties. Son analyse rejoint celle de Launch Africa, qui a réalisé 11 sorties pour son premier fonds de 36 millions. Résultat : un retour de 2,5 millions de dollars (7% du capital investi), avec des multiples allant jusqu’à 5x.
La leçon est claire : les sorties doivent être activement recherchées. Zachariah George et Janade du Plessis, dirigeants de Launch Africa, soulignent deux pratiques gagnantes. Premièrement, commencer les retours dès la cinquième année pour rassurer les investisseurs sur leur prochain fonds. Deuxièmement, créer un poste dédié aux sorties - une rareté en Afrique où ces opérations demandent un travail méthodique.
L’argent local prend le relais
Un changement structurel majeur marque ce début d’année : les investisseurs africains financent désormais 40% des startups, contre 25% auparavant. Fadilah Tchoumba, CEO de l’African Business Angel Network (ABAN), rappelle un principe fondamental : l’Afrique doit financer l’Afrique. Les business angels locaux, comme ceux ayant soutenu Flutterwave et Paystack en amont, sont indispensables pour attirer ensuite les capitaux étrangers.
L’Africa Finance Corporation (AFC) illustre cette tendance avec une première incursion en capital-risque. Ce géant du financement d’infrastructures (19 milliards de dollars) a investi 40 millions dans Future Africa et LightRock, via un programme de 100 millions. Begna Gebreyes, responsable technologie à l’AFC, explique que cette stratégie vise à attirer 300 à 500 millions supplémentaires d’investisseurs institutionnels.
Le crédit s’impose face aux limites de l’équity
AHL Venture Partners a fait un choix stratégique : se recentrer sur le crédit privé. Rosanne Whalley, CEO, explique que le debt recycling est plus rapide et prévisible en Afrique. Contrairement aux approches traditionnelles, elle évalue les entreprises sur leurs flux de trésorerie et leur capacité à lever des fonds supplémentaires, plutôt que sur des garanties.
Pour les fondateurs, cette tendance offre de nouvelles opportunités. Les investisseurs locaux prennent le leadership financier, tandis que les mécanismes de sortie se professionnalisent. L’écosystème africain montre des signes de maturation, avec une approche plus pragmatique et orientée résultats.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techcabal.com