Les PME dirigées par les jeunes en Afrique subsaharienne en crise de maturité numérique
Les micro, petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par les jeunes en Afrique subsaharienne accusent un retard préoccupant en matière de maturité numérique. Une étude récente, menée par des chercheurs de l’Université de Lagos, de Nairobi et du Witwatersrand, révèle que ces entreprises opèrent à un niveau modéré, bien en dessous des standards attendus. Les secteurs de la santé, de l’énergie et de la durabilité sont particulièrement touchés.
Présentées au Centre de recherche numérique Arthur Mbanefo de l’Université de Lagos, ces conclusions ont été discutées lors d’un atelier réunissant académiciens, décideurs politiques et responsables gouvernementaux. Dr Imoleayo Foyeke Obigbemi, coordinatrice de l’étude, a souligné que les niveaux de transformation numérique dans ces secteurs clés restent « relativement bas ». Elle a insisté sur la nécessité d’une convergence des perspectives professionnelles pour accélérer cette transition.
Un moteur économique en quête de transformation
Les PME représentent plus de 80 % des entreprises africaines et contribuent à près de 50 % du PIB continental. Pourtant, leur potentiel est freiné par des obstacles persistants : accès limité aux capitaux, aux marchés et aux technologies. Prof. Chinonye Love Moses, experte en entrepreneuriat, a identifié quatre leviers numériques capables de révolutionner ces entreprises : l’exploitation stratégique des réseaux sociaux, les outils de gestion opérationnelle, les plateformes financières innovantes et les ressources d’apprentissage en ligne.
Elle a plaidé pour un renforcement des infrastructures numériques et encouragé les jeunes à acquérir des compétences techniques. « Le véritable atout du Nigeria réside dans son capital humain, bien plus que dans ses ressources naturelles », a-t-elle affirmé.
Au-delà des apparences : la vraie valeur du numérique
Un débat animé a suivi, mettant en lumière les tensions autour de la transformation digitale. Dr Ayodotun Ibidunni a clarifié la distinction entre numérisation (conversion de processus analogiques) et digitalisation (utilisation stratégique des technologies). Il a lié la faible maturité numérique nigériane à des défis économiques plus profonds, comme la pauvreté persistante.
Dr Akinyemi Ajibola a critiqué une vision réductrice de la digitalisation, souvent limitée à une simple présence sur les réseaux sociaux. Dr Collins Sanskay Oboh a ajouté que beaucoup de contenus numériques actuels manquent de valeur substantielle, privilégiant l’éphémère au détriment du développement économique.
Sur le plan fiscal, Olusesan Samuel Okunade a rassuré les entrepreneurs : les entreprises réalisant moins de 100 millions de nairas annuels sont exemptées d’impôts selon le cadre nigérian actuel.
Cette étude souligne l’urgence d’une stratégie coordonnée pour combler le fossé numérique et libérer tout le potentiel des PME africaines.
Source: techbuild.africa