Les CVC africains peuvent rivaliser avec les VCs traditionnels
Benjamin Toulouze, directeur du capital-risque corporatif chez Axian Group, brise les idées reçues sur la lenteur des CVC.
Ancien banquier chez Société Générale, Toulouze dirige depuis 2021 le fonds de capital-risque corporatif d’Axian Investment, le bras financier du groupe Axian basé à Madagascar. Avec une équipe de quatre personnes répartie entre Dubaï et Antananarivo, il a déjà investi dans 33 startups et détient des participations dans 38 fonds. Des chèques allant de 50 000 à 1,5 million de dollars par entreprise.
Un acteur discret mais influent
Fondé il y a un demi-siècle par la famille Hiridjee, le groupe Axian opère dans 32 pays africains et de l’océan Indien. Ses activités couvrent les télécoms, la finance, l’énergie et l’immobilier. Son bras télécoms figure même au 74e rang du classement 2025 des entreprises africaines à plus forte croissance du Financial Times. Le CVC d’Axian mise sur des participations minoritaires de 1% à 5%, évitant ainsi les conflits d’intérêts avec ses activités opérationnelles.
Pourquoi Dubaï et Madagascar ?
Contrairement aux attentes, Toulouze a choisi d’établir son équipe à Dubaï et Antananarivo plutôt que dans des hubs technologiques comme Lagos ou Nairobi. « Nous devons être partout, en contact avec l’ensemble de l’écosystème », explique-t-il. Son équipe voyage régulièrement pour rencontrer les entrepreneurs dans leurs pays d’origine, couvrant l’Égypte, le Nigeria, le Kenya et l’Afrique de l’Ouest.
Des décisions rapides malgré les préjugés
Un des principaux arguments contre les CVC est leur lenteur décisionnelle. Toulouze conteste cette idée : « Nous avons un état d’esprit entrepreneurial très fort. Parfois, nous agissons plus vite que les VCs traditionnels ». Grâce à des processus de décision internalisés, il peut obtenir l’accord de son comité d’investissement en un temps record.
Les secteurs prioritaires : IA, cybersécurité et souveraineté numérique
Alors que le groupe Axian développe son infrastructure de data centers via STELLAR-IX, son CVC se concentre sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les actifs numériques. Toulouze insiste particulièrement sur « la question de souveraineté », c’est-à-dire le contrôle des données par les pays africains.
Un parcours atypique vers le capital-risque
Toulouze a commencé sa carrière en France comme auditeur avant de rejoindre Société Générale. Son rêve d’investisseur l’a finalement mené chez Axian en 2019, où il a lancé le premier CVC d’un groupe africain fin 2021. « Être proche de l’entrepreneur a toujours été mon objectif », confie-t-il.
Ce que Toulouze recherche chez les fondateurs
L’expérience de Toulouze en Afrique du Nord lui permet d’identifier des talents prometteurs. Il valorise particulièrement la capacité des fondateurs à comprendre les spécificités locales tout en ayant une vision globale. Avec son approche agile et sa connaissance approfondie des marchés africains, Axian Investment se positionne comme un partenaire de choix pour les startups du continent.
Source: techcabal.com