Le Botswana Tech Fund parie sur l'Afrique australe, souvent négligée par les capitaux-risques
Un fonds innovant mise sur l’Afrique australe, laissant de côté les hubs traditionnels
Pour la septième année consécutive, les quatre grands marchés africains (Égypte, Kenya, Nigeria et Afrique du Sud) ont capté plus de 80 % des investissements en capital-risque sur le continent. En 2025, l’Afrique du Sud à elle seule a absorbé 19 % de ce total, consolidant sa position de premier marché boursier africain. Pourtant, au-delà des métropoles comme Johannesburg et Le Cap, les autres capitales de l’Afrique australe – Gaborone, Lusaka, Windhoek, Maputo, Luanda et Harare – restent largement en marge de cette manne financière. Près de la moitié des 138 sorties d’investissements suivies par l’African Private Capital Association entre 2019 et 2024 ont eu lieu en Afrique du Sud, attirées par ses marchés liquides et ses structures secondaires établies.
C’est dans ce contexte que le Botswana Tech Fund, basé à Guernesey mais opérationnel en Botswana, entend redessiner la carte des investissements technologiques. Doté de 10 millions de livres sterling (13,5 millions de dollars) et piloté par Stephen Lansdown, cofondateur de Hargreaves Lansdown, ce fonds s’associe à Launch Africa pour déployer une stratégie en trois volets : un accélérateur de pré-amorçage, des investissements en croissance et des opérations secondaires.
Une approche géographiquement disruptive
Alors que la plupart des fonds africains se concentrent sur Lagos, Nairobi ou Le Cap, le Botswana Tech Fund cible délibérément l’Afrique australe. Martin Davis, cofondateur du fonds, et Florence Bavanandan, responsable des opérations chez Launch Africa, parlent d’un « écart numérique » : ces marchés captent moins de 20 % des financements africains malgré leur potentiel démographique et technologique.
Leur pari ? Investir directement dans ces économies émergentes plutôt que de passer par les écosystèmes déjà saturés des quatre grands marchés. Le fonds prévoit d’investir 100 000 livres sterling dans environ 100 startups sur cinq ans, avec des tickets de croissance allant jusqu’à 2 millions de livres sterling.
Pourquoi le Botswana ?
« Nous croyons que la prochaine décennie sera marquée par des fonds internationaux cherchant à consolider des positions dans ces marchés sous-investis », explique Davis. Le choix du Botswana comme base n’est pas anodin : le pays offre un environnement stable et une infrastructure numérique en développement, avec un potentiel de croissance démographique jeune.
Bavanandan ajoute : « La numérisation de ces économies est cruciale pour leur développement. Nous voulons accélérer cette transition, créant ainsi des opportunités locales et réduisant les pressions migratoires. »
Le fonds mise sur des secteurs clés comme les fintechs, l’agritech et les services numériques, avec une attention particulière portée aux fondateurs capables de résoudre des problèmes locaux avec des solutions scalables.
Un modèle qui pourrait redéfinir les investissements technologiques en Afrique australe
Source: techcabal.com