La livraison de courses en Afrique : un défi de taille pour les startups
La livraison de courses en ligne, un marché prometteur mais extrêmement difficile à rentabiliser
En Afrique, le secteur de la livraison de courses en ligne attire des milliers de clients et génère des milliards de nairas de chiffre d’affaires. Pourtant, comme l’a démontré GoLemon, une startup nigériane fondée en 2024 par d’anciens cadres de Paystack, ce modèle économique reste extrêmement fragile. Après 28 mois d’activité, l’entreprise a cessé ses opérations en juillet 2026, incapable de lever les fonds nécessaires pour poursuivre son développement. Malgré une marque reconnue et des milliers de foyers servis, la demande des clients n’a pas suffi à compenser les coûts opérationnels exorbitants.
Un secteur en pleine mutation
GoLemon n’est pas un cas isolé. Jumia a abandonné la livraison de courses et de denrées alimentaires pour réduire ses pertes, tandis que Glovo a quitté le Ghana après avoir constaté l’absence de voie claire vers la rentabilité. Au Kenya, MarketForce a fermé sa plateforme RejaReja en raison de difficultés de scalabilité, et Copia Global a été placé en administration pour la même raison. Pourtant, le secteur ne disparaît pas pour autant. PricePally continue de servir les ménages nigérians grâce à des achats en gros et des livraisons programmées. Chowdeck étend ses activités au-delà de la restauration pour inclure les courses et le commerce rapide. En Afrique du Sud, Checkers Sixty60 s’est imposé comme l’une des opérations de courses en ligne les plus solides du continent, et en Égypte, Breadfast a levé 50 millions de dollars en 2026 pour étendre sa plateforme de livraison de courses à la demande.
Les défis opérationnels
Derrière chaque commande passée via une application, se cache une chaîne complexe et coûteuse d’opérations. Prévoir la demande, sourcer les produits, négocier avec les fournisseurs, stocker l’inventaire, maintenir la fraîcheur des produits périssables, mettre à jour les prix, préparer les commandes, remplacer les articles manquants, emballer le tout et livrer à travers des rues encombrées : chaque erreur coûte cher. Un stock insuffisant entraîne la rupture de produits populaires et la perte de clients, tandis qu’un excès de stock conduit à des pertes dues aux produits périmés. Un retard de livraison peut endommager les articles fragiles, et des frais de livraison trop élevés poussent les clients à revenir vers les marchés de quartier.
L’équation économique délicate
Selon McKinsey, pour un panier de courses en ligne typique de 100 dollars, les coûts de préparation manuelle et les frais annexes peuvent atteindre environ 8 dollars, tandis que la livraison du dernier kilomètre peut en consommer autant. Cela représente 16 dollars de coûts supplémentaires de réalisation avant même de prendre en compte les frais de traitement des paiements, les remises, le support client ou les livraisons échouées. Ces coûts s’ajoutent à une industrie déjà connue pour ses marges étroites.
La quête de la rentabilité
L’enjeu principal réside dans le fait que les clients veulent des prix de supermarché, une large sélection et une livraison rapide. Or, chacune de ces promesses rend le service plus coûteux à opérer. Une entreprise ne peut pas simplement doubler le prix du riz ou du lait pour couvrir les coûts de livraison, car les clients connaissent généralement le prix des articles de base. De même, elle ne peut pas facturer l’intégralité du coût de livraison sans rendre le service peu attractif.
L’importance de la densité des commandes
Le dernier kilomètre est un enjeu crucial. La densité des commandes dans une zone donnée détermine la rentabilité de la livraison. Plus les commandes sont concentrées géographiquement, plus il est possible d’optimiser les trajets et de réduire les coûts. Cependant, même avec une bonne densité, les coûts fixes restent élevés : loyers des entrepôts, salaires du personnel, électricité, technologie et support client doivent être couverts, qu’il y ait 200 ou 2000 commandes par jour.
Conclusion
Le secteur de la livraison de courses en ligne en Afrique reste un défi majeur pour les startups. Malgré des perspectives prometteuses, la rentabilité dépend de nombreux facteurs, notamment la densité des commandes, l’optimisation des coûts et la capacité à lever des fonds supplémentaires. Les entreprises qui réussiront seront celles qui parviendront à trouver un équilibre entre service client, coûts opérationnels et rentabilité.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: techbuild.africa