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La bataille silencieuse pour le dernier kilomètre en Afrique

Un géant américain s’empare des infrastructures numériques africaines

Sans consultation, sans négociation avec les dirigeants africains, Uber s’apprête à bouleverser l’économie numérique du continent. L’acquisition de Delivery Hero, évaluée à 14,8 milliards de dollars, donnera naissance à un mastodonte opérant dans 99 marchés. Ce deal, dont la finalisation est prévue pour mi-2027, placera Uber au cœur des données urbaines africaines.

Une nouvelle forme d’infrastructure

Les ports, les autoroutes et les aéroports ne sont plus les seuls piliers de l’économie urbaine. Une infrastructure invisible mais cruciale émerge : celle des données générées par chaque livraison de courses à Casablanca, chaque commande de médicaments à Nairobi ou chaque repas livré à Abidjan. Ces informations - habitudes d’achat, flux de trafic, temps de livraison - constituent un actif stratégique.

‘Ils ne sont plus des entreprises de livraison, mais des systèmes d’exploitation pour les villes’*, déclare un investisseur technologique actif en Afrique. Uber, déjà présent dans la mobilité, étend son empire avec cette acquisition qui lui donne un accès sans précédent aux marchés africains.

Pourquoi l’Afrique est au centre de la stratégie

Avec une population urbaine appelée à croître de 900 millions d’ici 2050 et une consommation des ménages dépassant 2 000 milliards de dollars d’ici 2030, l’Afrique représente un marché incontournable. Les villes concernées par ce deal - Lagos, Nairobi, Le Caire, Casablanca, Tunis, Kampala et Abidjan - sont aussi des hubs majeurs pour les paiements numériques et le e-commerce.

Au-delà de la livraison de nourriture

Ce réseau logistique pourrait bien devenir une plateforme polyvalente pour la vie urbaine : transports, courses, paiements, livraisons de colis. Uber pourrait ainsi créer en Afrique ce que les marchés asiatiques appellent déjà un ‘super-app’.

Opportunités et défis

Si cette consolidation pourrait bénéficier aux petits commerces, elle soulève aussi des questions sur la concentration du marché. Les autorités de concurrence africaines devront examiner si cette fusion pourrait étouffer la concurrence locale ou créer des barrières à l’entrée.

L’Afrique se retrouve ainsi au cœur d’une transformation numérique dont les règles sont écrites ailleurs. La question est de savoir comment le continent pourra tirer parti de cette infrastructure tout en préservant ses intérêts économiques.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: african.business

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