L'Égypte propose des partenariats africains pour transformer le secteur énergétique
L’Égypte se positionne comme un hub pour la valorisation des ressources énergétiques africaines
Alors que l’Afrique cherche à diversifier son économie, l’Égypte mise sur ses infrastructures pour devenir un acteur clé dans la transformation des ressources naturelles du continent. Karim Badawi, ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minières, a souligné lors du récent Forum Alamein en Afrique que son pays était prêt à collaborer avec d’autres nations africaines pour développer des chaînes de valeur intégrées. Cette initiative vise à rompre avec le modèle traditionnel d’exportation des matières premières brutes.
Des infrastructures clés pour une coopération régionale
Badawi a mis en avant les atouts de l’Égypte, notamment ses raffineries, ses installations pétrochimiques et son réseau de ports et pipelines. Les sites d’Idku et de Damiette, ainsi que les terminaux pétroliers et les installations de stockage, pourraient servir de plateformes pour connecter les producteurs africains aux marchés européens et du Moyen-Orient. « La résilience passe par notre capacité à traiter nos propres ressources, élargir notre base industrielle et relier producteurs et consommateurs », a-t-il déclaré.
Cette vision s’inscrit dans le cadre d’une table ronde intitulée « Passer de la vulnérabilité à la résilience : repenser les systèmes énergétiques africains », organisée par le gouvernement égyptien, la Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank), l’AUDA-NEPAD et l’Union africaine. Badawi a souligné que cette approche permettrait de capter une plus grande part de la valeur ajoutée dans la chaîne énergétique africaine, notamment via le raffinage, le mélange, le stockage et le transport.
Les défis des coûts élevés dans les projets énergétiques
Un autre enjeu majeur abordé lors du forum concerne les coûts élevés des projets énergétiques, qui freinent la résilience du continent. Edu Okeke, PDG d’Azura Power, a insisté sur la nécessité de réduire les coûts de production et d’accélérer le déploiement des projets. Il a cité l’exemple du Nigeria, où un projet de production d’électricité a pris six ans à se concrétiser. Selon lui, le pays devrait ajouter 1 000 MW par an pour assurer sa durabilité.
Les retards dans les projets, combinés à des coûts de financement élevés et à d’autres contraintes structurelles, augmentent le prix de l’électricité. Par exemple, une centrale électrique au gaz coûte environ 1,5 million de dollars par MW en Afrique, contre 1 million dans d’autres régions. « Nous ne pouvons pas parler de résilience si notre coût de production est le plus élevé au monde », a-t-il averti.
Les obstacles politiques à l’investissement privé
Vanessa Baldwin Mushi, PDG de CATA Energy, a souligné que la pression politique pour maintenir des tarifs électriques bas rend difficile l’attrait des investissements privés. Les politiciens, cherchant à gagner des voix, privilégient les tarifs les plus bas possibles. Cependant, cette approche peut empêcher les projets d’atteindre leur rentabilité financière.
Mushi plaide pour une meilleure coordination entre les gouvernements et le secteur privé afin d’établir des tarifs reflétant réellement les coûts. Bien que les subventions aient un rôle à jouer pour protéger les consommateurs, elles doivent être ciblées plutôt que d’être obtenues en supprimant les tarifs.
Perspectives d’avenir
L’initiative égyptienne pourrait marquer un tournant dans la stratégie énergétique africaine, en favorisant une intégration régionale et une valorisation locale des ressources. Cependant, pour y parvenir, il faudra surmonter les défis financiers et politiques qui pèsent actuellement sur le secteur.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business