L'économie créative africaine face à son défi de coordination
271 milliards de rands : c’est la valeur combinée des industries créatives et sportives d’Afrique du Sud, un secteur qui emploie 1,4 million de personnes. Ce chiffre, révélé lors du symposium Creative Cnergy à Sandton le 3 septembre, souligne l’importance économique croissante de la créativité sur le continent. Pourtant, derrière ces chiffres prometteurs se cache un problème structurel majeur : la transition entre les différentes étapes de financement et de soutien aux créateurs.**
Un écosystème fragmenté
Le symposium a révélé une faille systémique dans la gestion de l’économie créative sud-africaine. Bien que des mécanismes de financement et de protection existent, le véritable défi réside dans la passation entre les différentes responsabilités. Un artiste peut obtenir un financement initial, mais se retrouve souvent sans voie claire pour les étapes suivantes. Les problèmes affectant une entreprise créative peuvent traverser plusieurs départements gouvernementaux, laissant les producteurs dans l’incertitude quant à la responsabilité effective.
Des vies créatives en équilibre précaire
Bonga Makhanya, vice-président de la National Youth Development Agency (NYDA), a partagé un exemple poignant : celui d’un musicien maskandi dont les proches ont dû réunir 200 000 rands pour ses funérailles. Malgré une carrière publique reconnue, le secteur n’a pas su prendre en charge les coûts finaux de sa vie. À l’autre extrémité du parcours créatif, HRH Princess Celenhle Dlamini, vice-présidente du National Arts Council (NAC), a souligné que seulement 4 % des demandes de financement sont satisfaites, malgré un vivier exceptionnel de jeunes talents.
La nécessité d’une approche intégrée
Sibusiso Tsanyane du Department of Sport, Arts and Culture a identifié le problème de « protection territoriale » des politiques sectorielles. Les créateurs, comme les réalisateurs de films, ont besoin simultanément de politiques culturelles, d’incitations commerciales et de protection du droit d’auteur. Jeanette Morwane du Department of Communications and Digital Technologies a ajouté : « Ce qui est mesuré est priorisé. » Cette logique suggère que l’intégration des responsabilités de l’économie créative dans les accords de performance des fonctionnaires pourrait forcer une coopération interministérielle effective.
Vers une gouvernance unifiée
Le symposium a mis en lumière la nécessité d’une coordination entre plusieurs départements clés : Trade, Industry and Competition ; Communications and Digital Technologies ; et Sport, Arts and Culture. La présidence devrait jouer un rôle de supervision là où les mandats se chevauchent. Les incitations cinématographiques et la réforme du droit d’auteur illustrent bien l’urgence de cette approche intégrée. Comme l’a souligné le député ministre Zuko Godlimpi, il s’agit de passer d’une simple consultation interministérielle à une véritable gouvernance unifiée du secteur créatif.
L’Afrique du Sud offre un cas d’étude révélateur, mais les enjeux sont continentaux. Les entreprises créatives évoluent désormais à l’intersection de la culture, du commerce, de la technologie et des finances. Il est temps que les institutions publiques suivent cette évolution pour transformer l’économie créative en un véritable moteur de développement.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: african.business