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L'Afrique du capital privé : vers une approche pragmatique malgré les défis

Le marché du capital privé en Afrique amorce un virage pragmatique, alors que les sorties d’investissements atteignent des niveaux records en 2025. C’est ce que les participants au sommet annuel de l’African Private Capital Association (AVCA) ont retenu lors de leur 22e édition à Nairobi.

Un secteur en mutation Abi Mustapha-Maduakor, directrice générale de l’AVCA, a reconnu les vents contraires persistants mais souligné des évolutions marquantes en 2025. Le financement des startups a connu un rebond de 25% à 3,4 milliards de dollars, malgré un ralentissement global des capitaux risqués. Cette période de transition incite à repenser le déploiement des fonds sur le continent.

L’Afrique n’est pas la Silicon Valley Tidjane Dème de Partech Partners a rappelé que le capital-risque africain, bien que jeune, ne doit pas être jugé selon les standards américains. Les volumes de deals ont explosé - passant de 30 il y a dix ans à plus de 500 en 2025 - tandis que les montants investis ont décuplé. Pourtant, les hypothèses initiales sur les valorisations et délais de sortie se révèlent souvent irréalistes face aux spécificités locales.

Les sorties par fusions-acquisitions en hausse Avec les introductions en Bourse encore marginales, les investisseurs se tournent vers les M&A qui ont bondi de 72% l’an dernier. Patricia Rinke (AfricInvest) et Andreata Muforo (TLcom Capital) plaident pour en faire la norme plutôt qu’un plan B, nécessitant une meilleure coordination inter-fonds.

L’urgence des capitaux locaux Alex Rumanyika de la NSSF Ouganda alerte : les fonds de pension africains doivent réduire leur exposition aux titres publics pour financer l’économie réelle. Sans quoi, ils risquent de rater les secteurs créateurs d’emplois.

Le crédit privé comme alternative Pour les entreprises établies, le private credit émerge comme solution face à l’incertitude des sorties. Nathaniel Micklem (Ninety One) recommande de privilégier les entreprises résilientes, tandis que Walid Cherif (BluePeak Private Capital) insiste sur la nécessité de performances régulières pour restaurer la confiance des investisseurs.

Conclusion Le secteur montre une capacité d’adaptation remarquable, mais doit encore convaincre par des rendements stables pour attirer davantage de capitaux locaux et internationaux.

Source: techcabal.com