← Retour aux articles

L'Afrique accélère sa production locale de médicaments face aux défis mondiaux

L’Afrique importe plus de 70 % de ses médicaments et près de 99 % de ses vaccins, une dépendance qui la rend vulnérable aux chocs des chaînes d’approvisionnement. La pandémie de Covid-19 a révélé cruellement cette fragilité, laissant le continent en queue de file pour l’accès aux vaccins et aux traitements. Aujourd’hui, une prise de conscience s’opère : produire localement n’est plus une option, mais une nécessité vitale.

Un secteur pharmaceutique encore embryonnaire

Avec seulement 375 fabricants en 2019, contre 5 000 en Chine et 10 500 en Inde, l’industrie pharmaceutique africaine reste modeste. La production est concentrée dans quelques pays : l’Égypte en tête pour le Nord, le Nigeria pour l’Ouest, le Kenya pour l’Est et l’Afrique du Sud pour le Centre et le Sud. Pourtant, ces acteurs locaux peinent à gravir la valeur ajoutée de la chaîne pharmaceutique. La plupart se contentent d’importer des principes actifs (API) depuis l’Asie pour assurer la formulation et le conditionnement. Seuls quelques pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc tentent de produire leurs propres API, sans couvrir les besoins continentaux.

Côté vaccins, l’Afrique ne produit localement que 1 % des doses utilisées. Des exceptions existent : l’Institut Pasteur de Dakar au Sénégal, le Biovac Institute en Afrique du Sud et des initiatives égyptiennes pour les vaccins contre l’hépatite B ou la rage. Le Maroc émerge aussi comme un hub, avec Sanofi et Marbio produisant désormais deux vaccins pour le marché local.

La pandémie, révélateur des failles

La crise du Covid-19 a servi d’électrochoc. Les pays producteurs ont priorisé leurs populations, laissant l’Afrique en difficulté. « L’Afrique a subi des inégalités d’accès aux vaccins et médicaments, retardant la réponse et coûtant des vies », souligne Jean Kaseya, directeur de l’Africa CDC. Pour lui, le continent doit passer du statut de bénéficiaire à celui de co-architecte du système de santé mondial.

Vers une souveraineté sanitaire

Des initiatives prometteuses voient le jour. Le Rwanda mise sur les vaccins à ARN messager, avec un laboratoire BioNTech à Kigali. L’Union africaine pousse aussi pour une production locale accrue. Pourtant, les défis restent immenses : manque d’infrastructures, pénurie de main-d’œuvre qualifiée et investissements insuffisants. Pour briser cette dépendance, l’Afrique doit agir vite et fort.

L’enjeu dépasse la santé publique : c’est une question de sécurité économique. En développant sa production pharmaceutique, le continent pourrait réduire les coûts des soins, améliorer l’accès aux traitements et créer des emplois qualifiés. La route est longue, mais la direction est claire : l’autonomie sanitaire passe par une industrie locale robuste.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: african.business

Besoin de conseil en IA, fintech ou transformation digitale ? Contactez SoatDev →