L'AfCFTA, pilier de la résilience commerciale africaine selon Afreximbank
L’Afrique face à ses défis commerciaux : l’AfCFTA comme solution structurelle
Le dernier rapport d’Afreximbank met en lumière les fragilités persistantes du commerce africain dans un contexte mondial incertain. La concentration des exportations sur les matières premières - agricoles, énergétiques ou minières - et la dépendance aux importations de biens manufacturiers créent une vulnérabilité structurelle face aux chocs économiques. Depuis 2022, cette configuration expose les économies africaines à une triple menace : volatilité des prix des matières premières, perturbations géopolitiques et ruptures des chaînes d’approvisionnement mondial.
Un levier de transformation : l’AfCFTA
L’Afreximbank identifie dans la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) le principal levier pour transformer cette situation. Le rapport anticipe une hausse de plus de 20% des échanges intra-africains d’ici 10 ans, grâce à l’intégration des marchés fragmentés et au développement des chaînes de valeur régionales. Ce mécanisme s’inscrit dans le cadre plus large de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, visant à réduire la dépendance aux termes d’échange défavorables.
L’institution bancaire mise sur plusieurs initiatives concrètes pour matérialiser ces ambitions : le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), adopté par l’UA comme plateforme de paiement pour l’AfCFTA, le Fonds d’ajustement de 10 milliards de dollars, le Salon du commerce intra-africain et l’Initiative des marchés frontaliers. Ces outils représentent une approche pragmatique pour convertir un accord commercial en flux transactionnels effectifs.
L’infrastructure et la finance, piliers du changement
Au-delà de l’accord commercial lui-même, le rapport souligne cinq conditions préalables nécessitant une action coordonnée : les infrastructures de transport et d’énergie, la cohérence réglementaire, le renforcement institutionnel, l’accès des PME au financement et les technologies financières numériques. Ces dernières jouent un rôle croissant dans le développement des investissements domestiques, avec une adoption accélérée des paiements mobiles et du crédit digital.
Le PAPSS se distingue particulièrement pour les acteurs de la fintech. Ce système permet des paiements transfrontaliers en monnaies locales africaines, évitant ainsi les coûts supplémentaires liés au dollar américain et aux banques correspondantes. Plusieurs banques centrales africaines ont déjà adhéré à ce système, qui bénéficie d’une légitimité multilatérale grâce à son rattachement à l’Union africaine.
Un défi persistant : le financement du commerce
Le déficit annuel de financement commercial en Afrique, estimé entre 80 et 120 milliards de dollars, reste un obstacle majeur. Ce manque s’explique par le retrait des banques correspondantes, les exigences de garantie élevées et l’insuffisance d’historique de crédit pour les petits exportateurs. Toute avancée structurelle dans la mise en œuvre de l’AfCFTA devra nécessairement réduire cet écart.
Avec des actifs et engagements dépassant 48,5 milliards de dollars fin 2025, Afreximbank dispose des moyens nécessaires pour soutenir ses engagements. Le rapport souligne ainsi l’importance cruciale de l’infrastructure, du financement et des technologies financières dans la transformation du paysage commercial africain.
Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.
Source: thefintechtimes.com