Guerre en Iran : quels impacts réels pour l'Afrique ?
La guerre en Iran va-t-elle plonger l’Afrique dans une crise profonde ? Les médias et les débats publics ont tendance à conclure hâtivement que le continent africain sera le plus touché par les crises mondiales. Pourtant, comme l’ont montré les réponses agiles à la pandémie de Covid-19 ou les conséquences du conflit Russie-Ukraine, l’impact varie selon les pays et se déroule sur le long terme.
Des analyses partielles, des réalités complexes Les tentatives d’évaluation de l’impact de ce conflit sur l’Afrique ont souvent été incomplètes. Certaines se concentrent sur les implications commerciales, d’autres sur des secteurs spécifiques comme le tourisme ou les transports. Pourtant, ces approches ne capturent pas la totalité des enjeux.
Des effets immédiats, mais aussi des perspectives à moyen terme À court terme, les coûts de la vie pourraient augmenter jusqu’en 2027. Des pays comme le Kenya, la Namibie, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe ont temporairement supprimé les taxes sur les carburants pour atténuer l’impact, mais cela leur coûte cher : jusqu’à 351 millions de dollars par mois.
Des dépendances économiques variées Les exportations africaines vers les pays autour du détroit d’Ormuz représentent moins de 4 % des revenus pour l’Angola, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud. En revanche, pour le Zimbabwe, l’Ouganda, le Burkina Faso et l’Égypte, ces exportations pèsent entre 9,8 % et 40 % de leur commerce extérieur. Les produits concernés vont des matières premières aux biens manufacturés, montrant une diversité d’impacts.
Des risques alimentaires et financiers à moyen terme D’ici 3 à 5 ans, des pays comme le Tchad, la Somalie, le Soudan du Sud et le Soudan pourraient faire face à une insécurité alimentaire aggravée par la hausse des coûts des engrais et des denrées importées. Par ailleurs, le financement du développement pourrait devenir plus difficile, notamment avec la baisse des investissements directs étrangers (IDE) en provenance des pays du Golfe, qui ont contribué à hauteur de plus de 100 milliards de dollars entre 2012 et 2022.
Au-delà des crises, des opportunités à saisir Si certains secteurs souffrent, d’autres pourraient bénéficier de cette situation. Les produits africains comme les fruits frais, l’or ou le gaz pétrolier pourraient trouver de nouveaux marchés. L’Afrique doit donc anticiper ces changements pour transformer les défis en opportunités.
Source: african.business