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Copia Kenya : l'échec des administrateurs et la chute d'un géant de l'e-commerce

Une fin inattendue pour Copia Kenya

Les administrateurs chargés de sauver Copia Kenya ont déposé une demande d’insolvabilité, marquant un tournant dramatique dans la tentative de relance de cette plateforme e-commerce autrefois florissante. Anthony Makenzi Muthusi et Julius Ngonga de KPMG, nommés pour gérer les actifs de Copia en 2024, ont introduit cette requête devant le tribunal commercial de Milimani. L’audience est prévue pour le 11 mai, permettant aux créanciers et autres parties prenantes de s’exprimer.

Cette demande d’insolvabilité intervient après près de deux ans de procédure d’administration, lancée pour stabiliser les opérations et attirer des capitaux. Fondée en 2013 par Tracey Turner et Jonathan Lewis, Copia s’était spécialisée dans la vente aux consommateurs des zones rurales et périurbaines du Kenya, un marché de 750 millions de personnes souvent négligé par les détaillants traditionnels.

Un parcours jalonné de succès et d’investissements massifs

Copia avait suscité un enthousiasme considérable auprès des investisseurs. Entre sa création et 2022, la plateforme avait levé plus de 100 millions de dollars, incluant un tour de table Series C de 50 millions en 2022 mené par Goodwell Investments, ainsi qu’une extension de 20 millions en fin d’année 2023 pilotée par Enza Capital. Parmi ses principaux soutiens figuraient la Corporation américaine de financement du développement international, la DEG allemande, LGT et Vulcan Capital, le fonds de Paul Allen.

La descente aux enfers

Pourtant, la chute a été rapide. En avril 2023, Copia a quitté le marché ugandais. Mi-2024, l’entreprise n’était plus en mesure de payer ses salariés. Les administrateurs ont alors pris les rênes des actifs, espérant trouver une solution pour relancer l’activité. Ce processus a conduit à des plans de suppression d’environ 1 000 emplois.

Un contexte économique défavorable

Les difficultés de Copia s’inscrivent dans un environnement plus large hostile aux ventures e-commerce kenyanes. Le ralentissement des levées de fonds, l’augmentation des coûts logistiques et la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs ont pesé lourdement. L’introduction en décembre 2024 d’une nouvelle taxe numérique a également été pointée du doigt comme un risque majeur, susceptible de pousser les petites entreprises vers des marchés informels.

Vers la liquidation ou une restructuration ?

Les prochaines étapes dépendront des décisions du tribunal commercial. Les options incluent la poursuite des opérations sous une nouvelle structure ou, en dernier recours, la liquidation formelle. Quelle que soit l’issue, cette affaire illustre les défis persistants du secteur e-commerce en Afrique de l’Est.

Source: weetracker.com