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Alerzo en difficulté : liquidation des structures offshore après le gel des actifs

La startup nigériane Alerzo, autrefois prometteuse dans le e-commerce B2B pour les produits de grande consommation, se retrouve au cœur d’une tempête financière. Alors que sa société holding à Singapour reste active, plusieurs de ses filiales offshore sont en cours de liquidation. Cette décision intervient deux mois après le gel des comptes de l’entreprise par un tribunal nigérian, suite à une dette de 4,38 milliards de nairas contestée avec Moniepoint Microfinance Bank.

Une restructuration stratégique sous pression

Les entités concernées par cette liquidation incluent Alerzo Bridge Financing Pte. Ltd., Alerzo Capital Pte. Ltd., ainsi qu’un sub-fonds nommé Alerzo 1A, dissous le 20 avril 2026 dans le cadre du régime des Variable Capital Companies de Singapour. Cette procédure, généralement utilisée pour les sociétés sans activité ni passif, soulève des questions sur la santé financière d’Alerzo. Les experts en restructuration y voient souvent une tentative de cloisonner les dettes locales des structures internationales, tout en réduisant les coûts de conformité.

Un prêt devenu piège

Le cœur du problème remonte à janvier 2025, lorsque Alerzo Limited a contracté un prêt de travail de 5 milliards de nairas auprès de Moniepoint, avec une échéance de 18 mois. En novembre 2025, la banque a exigé le remboursement immédiat du prêt, dont le solde impayé avait atteint 4,38 milliards de nairas. En février 2026, le juge Daniel Osiagor a ordonné une injonction Mareva, gelant les actifs de l’entreprise et de ses co-defendants jusqu’à concurrence du montant réclamé.

Signes avant-coureurs et défis opérationnels

Parallèlement à cette bataille judiciaire, des images de véhicules Alerzo abandonnés à Ibadan ont alimenté les spéculations sur une possible liquidation. Le PDG, Opaleye, a démenti cette interprétation, affirmant qu’il s’agissait de véhicules hors d’usage et que plus de 400 autres étaient toujours en service dans le sud-ouest du Nigeria. Ces explications n’ont toutefois pas apaisé les inquiétudes sur la viabilité du modèle économique d’Alerzo.

Le casse-tête des modèles B2B en Afrique

Cette crise illustre les défis spécifiques des startups africaines opérant dans le commerce B2B. Ces modèles nécessitent une échelle critique, un accès à des capitaux peu coûteux et une stabilité monétaire pour absorber les chocs. Lorsque ces conditions se dégrader simultanément, comme c’est le cas pour Alerzo, la priorité devient souvent la survie structurelle plutôt que la croissance.

Un tournant décisif

Dans les mois à venir, Alerzo devra naviguer entre le contentieux judiciaire, la restructuration de sa dette et l’adaptation de son modèle opérationnel. La capacité à stabiliser le cœur de métier déterminera si l’entreprise peut se redresser ou si elle devra envisager une liquidation totale.

La situation d’Alerzo sert de rappel cruel sur les risques inhérents aux modèles lourds en actifs dans des marchés émergents où les conditions macroéconomiques peuvent basculer rapidement.

Source: techbuild.africa