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Airtel Money : un milliard de dollars pour les actionnaires, rien pour l'Afrique

Airtel Money, le géant des portefeuilles mobiles africains, s’apprête à faire ses débuts à la Bourse de Londres. Une opération qui pourrait valoriser l’entreprise entre 8 et 9 milliards de dollars, mais dont les bénéfices iront exclusivement aux investisseurs étrangers.

Avec 54,1 millions d’utilisateurs à travers 14 pays africains et un chiffre d’affaires de 1,35 milliard de dollars en 2023, Airtel Money est l’un des services de mobile money les plus performants du continent. Pourtant, malgré ces chiffres impressionnants, l’introduction en Bourse prévue à Londres ne profitera pas directement aux marchés africains qui ont permis cette croissance.

L’opération, structurée comme une vente secondaire, permettra de lever jusqu’à 800 millions de dollars. Ces fonds iront intégralement aux actionnaires existants : TPG Rise Fund, Qatar Holding, Mastercard et Airtel Africa. Aucune partie de cette somme ne sera réinvestie dans les opérations d’Airtel Money ou dans ses marchés africains. Une situation qui soulève des questions sur la répartition de la valeur créée par les services financiers mobiles en Afrique.

Un succès africain qui profite à Londres

Airtel Money devient ainsi le premier grand opérateur de mobile money africain à s’introduire en Bourse de manière indépendante. MTN MoMo et M-Pesa, ses principaux concurrents, restent encore non cotés. Les analystes estiment que M-Pesa pourrait atteindre une valorisation similaire si Safaricom décidait de la scinder.

L’origine de cette IPO remonte à 2021, lorsque TPG, Mastercard et Qatar Holding avaient investi 550 millions de dollars dans Airtel Money. À l’époque, la valorisation était de 2,65 milliards de dollars. Les investisseurs avaient négocié des options leur permettant de forcer un rachat ou une introduction en Bourse d’ici juillet 2025. La valorisation actuelle, comprise entre 8 et 9 milliards de dollars, représente ainsi un triplement de leur mise initiale.

Des questions de gouvernance et de liquidité

Airtel Africa conservera 77,85 % du capital après l’introduction en Bourse. Les accords internes entre Airtel Money et sa maison mère déterminent la répartition des marges, ce qui limite l’influence des actionnaires minoritaires. De plus, le flottant libre d’environ 10 % est inférieur aux seuils habituels pour une inclusion dans les principaux indices, ce qui pourrait affecter la liquidité de l’action.

Un modèle qui interroge les régulateurs africains

Cette introduction en Bourse illustre une tendance persistante : les entreprises africaines réussissent souvent à attirer des capitaux sur des places boursières étrangères plutôt que locales. Aucune des principales Bourses africaines (Nairobi, Lagos, Johannesburg) n’a été retenue pour cette opération. Ce choix reflète à la fois des questions de liquidité et de gouvernance, mais aussi une perception où la valeur des fintechs africaines est finalement cristallisée ailleurs.

Pour les investisseurs initiaux, l’opération est un succès clair. Ils ont pris des risques en 2021 et sont désormais récompensés. Cependant, qualifier cette IPO de milestone pour le mobile money africain est discutable. Cinquante-quatre millions d’utilisateurs africains ont construit une entreprise valorisée à 8 milliards de dollars, mais les bénéfices de cette introduction en Bourse iront principalement aux actionnaires basés à Londres, sans réinvestissement direct dans les marchés africains.

Cette situation pose la question de savoir comment mieux capitaliser sur le succès des fintechs africaines pour stimuler la croissance locale.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Relu et édité par la rédaction AfricanCEO.

Source: techbuild.africa

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